Déjà 38 fois condamné, un père de famille écope de 12 mois de prison pour violences sur sa fille et des policiers à Saint-Malo
« Jamais je n’aurai levé la main sur ma fille », répond le prévenu depuis le box des détenus à la Présidente du tribunal de Saint-Malo. L’homme de 43 ans est jugé en comparution immédiate pour violences sur sa fille vulnérable, violences, outrages, rébellion, menaces de mort sur les policiers venus l’interpeller en récidive, ainsi que pour avoir cassé son bracelet électronique.
Le bruit d’une claque
Vendredi 23 octobre, dans la soirée, la cheffe de service de l’IME, l’école d’éducation spécialisée de Saint-Malo, a signalé aux parents d’une élève de 18 ans que cette dernière refusait de rentrer au domicile familial. Le père s’est rendu sur place, mais la situation a très vite dégénéré, sa fille persistant dans son refus de le suivre. Il lui aurait donné une gifle tout en la traînant de force et l’aurait menacée. Deux membres du personnel se sont interposés et ont confirmé le comportement agressif du père de famille, mentionnant notamment avoir entendu le bruit d’une claque.
La jeune fille aurait demandé à être hospitalisée, expliquant que son père consommerait énormément d’alcool ainsi que des stupéfiants et qu’elle ne serait pas en sécurité chez elle, ayant déjà été frappée par ses parents. Le lendemain, des policiers se présentaient au domicile de la famille mais le prévenu refusait d’ouvrir. Les forces de l’ordre ont réussi à pénétrer dans le logement après l’avoir empêché de s’y enfermer.
Coup de tête et insultes
Alors qu’il était assis sur une chaise, les mains menottées dans le dos, il se serait levé pour porter un coup de tête à l’un des fonctionnaires. Puis, tout au long du trajet jusqu’au commissariat, il se serait violemment débattu tout en insultant et en menaçant de mort les forces de l’ordre. Une fois dans le service, il aurait brisé le bracelet électronique qu’il portait à la suite d’une précédente condamnation.
Le prévenu, déjà condamné à 38 reprises, a passé vingt et un ans derrière les barreaux. À l’audience, ce lundi 25 octobre, il conteste fermement les violences sur sa fille ainsi que l’ensemble des faits rapportés par les fonctionnaires de police, préférant se poser en victime. Il rappelle que ce n’est pas la première fois que sa fille refusait de rentrer. Ce soir-là, il a soutenu avoir seulement « voulu la soulever de son siège par les bras, et elle s’est mise à crier ».
12 mois de prison ferme
Il conteste aussi les déclarations du personnel de l’école. Selon lui, c’est le comportement inexplicable de son enfant qui l’aurait fait vriller plus tard au commissariat. Mais là encore, il s’oppose aux dires des policiers : ce seraient eux qui l’auraient menacé de mort et maltraité lors de son interpellation. « C’est quoi l’intérêt des policiers ? », lui demande la présidente. « Ils sont quatre, ils me connaissent, on est venu me chercher chez moi comme un criminel », lance-t-il.
Pour Me Homo, représentant la victime, « le prévenu s’enferme dans ses mensonges ». « Que faire aujourd’hui et qui n’aurait pas été tenté ? », demande le procureur au vu du casier judiciaire du prévenu. De son côté, Me Laudy, en défense, a insisté sur « la légèreté des éléments retenus » et a sollicité des relaxes partielles.
Le tribunal a retenu la culpabilité du prévenu pour la totalité des faits et a condamné Franck Capella à 12 mois de prison ferme — une peine qui sera exécutée sous bracelet électronique — ainsi qu’à une interdiction de contacter sa fille durant deux ans. Il devra en outre verser 3 155 euros aux parties civiles.