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L’ancienne ministre de la Santé Michèle Barzach est morte à 83 ans

Ouest-France · 26/10/2026 · ← revue

Ancienne ministre de la Santé de Jacques Chirac et médecin gynécologue, Michèle Barzach est décédée ce lundi 26 octobre 2026, en fin de matinée, à l’âge de 83 ans « des suites d’un AVC », a annoncé sa fille, Tatiana Renard-Barzach, à l’Agence France-Presse.

Michèle Barzach est née dans une famille juive le 11 juillet à Casablanca (Maroc), où elle a grandi. Elle y fait ses études secondaires, puis part à la faculté de médecine de Paris. Entre 1970 et 1986, elle exerce comme gynécologue et psychanalyste à Paris. En parallèle, elle s’engage en politique, dans le RPR (Rassemblement pour la République) de Jacques Chirac.

La lutte contre le sida

En 1983, elle devient adjointe au maire du XVe arrondissement de Paris, où elle se fait repérer par Alain Juppé. Elle prend rapidement des responsabilités dans le parti de droite, et devient sa déléguée nationale aux affaires sociales en 1984. Après la victoire de la droite aux élections législatives deux ans plus tard, elle entre dans le premier gouvernement de cohabitation, dirigé par Jacques Chirac. Elle est alors ministre déléguée à la Santé et à la Famille.

Dans les années 1980, la France fait face à une épidémie dramatique de sida. Michèle Barzach fait voter une loi en 1986 qui autorise la publicité du préservatif à la télévision, favorisant ainsi sa diffusion.

C’est également elle qui impose la vente libre des seringues, limitant la progression de la maladie chez les toxicomanes. En une poignée d’années, le taux de contamination par le VIH et d’autres virus comme l’hépatite C chute, que ce soit par voie sexuelle ou, chez les toxicomanes, par voie intraveineuse.

Les institutions internationales comme fin de carrière

Si elle quitte son poste de ministre déléguée en 1988, Michèle Barzach ne s’éloigne pas de la politique pour autant. Entre 1989 et 1995, elle est conseillère de Paris puis adjointe au maire de la capitale (Jacques Chirac), et se charge des affaires sociales et de la santé. Mais elle quitte les instances dirigeantes du RPR, après des conflits avec la direction.

Elle continue sa carrière au sein des institutions internationales. À commencer par la Banque mondiale entre 1997 et 2001, puis l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), où elle est représentante spéciale du directeur général entre 1999 et 2012.

Michèle Barzach est aussi administratrice non exécutive du conseil d’administration du groupe pharmaceutique britannique Glaxo Wellcome. Puis en juin 2012, elle est nommée présidente d’Unicef France, poste qu’elle occupera pendant trois ans.

Rattrapée par l’affaire Gabriel Matzneff

Sa fin de carrière est toutefois ternie en mars 2020. Son nom est alors évoqué dans l’affaire Gabriel Matzneff, écrivain accusé par plusieurs femmes d’avoir eu des relations avec elles alors qu’elles étaient mineures. Une première enquête a été ouverte pour « viols commis sur mineur de moins de 15 ans » en janvier 2020 après la publication du livre Le Consentement, de Vanessa Springora.

Michèle Barzach est entendue le 2 mars 2020 par l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), après que Francesca Gee a mentionné son nom dans un entretien au New York Times. La femme raconte les trois années qu’elle a passées auprès de l’écrivain dans les années 1970, alors qu’elle avait 15 ans et lui 37.

Francesca Gee dit avoir consulté Michèle Barzach comme gynécologue plusieurs fois, quand elle était mineure, et notamment pour se faire prescrire la pilule et toujours en compagnie de Gabriel Matzneff.