Revue de presse

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15 % de voyageurs sans place entre Rennes et Paris ? Cette compagnie ferroviaire veut concurrencer la SNCF

Le Télégramme · 24/10/2026 · ← revue

« Réinventer le voyage à grande vitesse »

C’est la signature de Velvet (velours en anglais), aboutissement du projet Proxima, lancé en juin 2024. La compagnie présidée par Rachel Picard, ancienne cadre dirigeante de la SNCF, entend concurrencer l’opérateur public sur l’arc Atlantique. Les premières liaisons entre Paris et Bordeaux devraient débuter courant 2028, avant de se déployer, « dans les mois suivants », vers Nantes, Angers et Rennes.

Pallier les manques

15 % de voyageurs sans place entre Paris et Rennes. « C’est la raison pour laquelle nous avons cette liaison dans nos premières destinations, justifie Velvet. Les trains proposés sont pleins et si on ne fait rien, vu la croissance de la demande, ce sera 25 % en 2030. » Les fréquences seront-elles augmentées aux heures de pointe ? « Il est encore tôt pour vous donner des fréquences mais notre enjeu est d’arriver en complément de l’offre SNCF (…). » Une chose est sûre, la concurrence sera d’autant plus rude que la compagnie Le Train va proposer des liaisons entre Rennes et Paris dès 2030, après celles, annoncées de longue date, entre Rennes et Bordeaux.

TGV de dernière génération

La première rame pour Velvet, Avelia horizon, est sortie de l’usine Alstom de La Rochelle, en avril. Au total, douze rames devraient être livrées d’ici 2028, pour un montant de 850 millions d’euros. Ces TGV de dernière génération ont déjà été commandés par la SNCF sous le nom commercial TGV M. Ils devaient être mis en service en septembre sur l’axe Paris-Marseille, mais des « réglages et améliorations complémentaires » ont contraint l’opérateur à reporter la mise en circulation à « l’automne 2026 ».

200 millions d’euros de péage

« Les péages français sont les plus élevés d’Europe, déplore Velvet. Cela tient à une spécificité : les péages de grande vitesse dépassent le coût effectif du réseau et sont redistribués pour l’entretien des petites lignes dans toute la France. » Au total, Velvet devra verser environ 200 millions d’euros par an au réseau.

Encore plus à l’ouest ?

Pourquoi ne pas pousser plus à l’ouest, vers Quimper ou Brest ? « Avec 12 trains pour lancer une compagnie à grande vitesse, desservir 5 villes et proposer 10 millions de places par an. C’est un début, laissez-nous le temps d’arriver et de bien faire cette première étape et c’est promis nous ne nous arrêterons pas là », répond Velvet. À moins que ce ne soit une question de rentabilité. Malgré les péages, la SNCF reproche à ses concurrents de se concentrer sur les lignes les plus rentables, en occultant les lignes moins fréquentées.

Licence en poche

Le 1er septembre, Velvet a obtenu sa licence d’exploitation et pourra officiellement concurrencer la SNCF en 2028. Concrètement, « ce premier sésame réglementaire permet à la compagnie d’entrer réellement dans la préparation de ses futures circulations », indique l’entreprise dans un communiqué. L’obtention de cette licence est une étape majeure dans le développement de la compagnie ferroviaire, qui lui permet notamment de « commander des sillons », les droits de passage, auprès de SNCF Réseau.