Revue de presse

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« On ne veut pas d’une ville morte » : à Quimper, après la casse, les commerçants font front commun

Le Télégramme · 23/10/2026 · ← revue

Les stigmates du 17 octobre sont encore visibles. Épicentre des affrontements violents entre forces de l’ordre et casseurs samedi, la rue Saint-François porte encore les traces des débordements qui ont suivi la manifestation contre la vie chère. Face à l’annonce d’un nouveau rassemblement samedi 24 octobre, l’association Les Vitrines de Quimper a pris les devants. Jeudi soir, elle a convié l’ensemble des acteurs économiques du centre-ville à une réunion de crise. Adhérents ou non, plus de 80 commerçants se sont réunis. Du jamais-vu pour les plus anciens. « Toutes les rues et tous les métiers étaient représentés. La situation était tellement exceptionnelle que le besoin de se serrer les coudes l’a emporté », résume Nicolas Lohéac, président de l’association.

Trois garanties obtenues en préfecture

Quelques heures plus tôt, les membres du bureau des Vitrines et des commerçants de la rue Saint-François avaient été reçus en préfecture par le sous-préfet Rémi Récio, aux côtés de la Ville, de la police municipale et de la CCI. L’objectif : connaître le dispositif déployé pour ce nouveau samedi de mobilisation. « Nous avons reçu l’assurance que les moyens humains des forces de l’ordre seront nettement augmentés », rapporte le président des Vitrines. Autre décision forte prise par le préfet : la publication d’un arrêté interdisant toute manifestation dans un périmètre strict du centre-ville. Enfin, un canal de communication direct sera maintenu toute la journée entre la préfecture et les commerçants. « C’est rassurant, ces trois points représentent une vraie bonne nouvelle », apprécie Nicolas Lohéac.

« On ne veut pas d’une ville morte »

Lors d’un vote à main levée pour identifier ceux qui souhaitaient malgré tout garder portes closes, aucune main ne s’est levée. L’union est totale. « Nous voulons dire aux habitants que nous serons ouverts. On ne veut pas laisser une ville sans commerce », insiste le représentant des commerçants, qui tient à préciser : « Nous respectons la liberté de manifester. Nous faisons clairement la différence entre les gens qui manifestent et ceux qui cassent ».

La hantise des rues désertes

Sur le terrain, ce vendredi matin, les annonces préfectorales apportent un apaisement. Rue Saint-François, Marine Le Bars, gérante de La Fée Maraboutée dont deux vitrines ont été brisées samedi dernier, salue ces décisions : « L’arrêté sur le périmètre va libérer du temps pour les policiers ». Même constat pour Anita Tonnellier, du magasin Le Cèdre, rue Amiral-de-la-Grandière : « On va croiser les doigts, on est dans l’obligation de rester positif ». Au Café des Halles, Robin Daniellou, secrétaire de l’association, confirme l’ouverture de son établissement ce samedi et salue la réactivité des services de l’État : « Tout le monde travaille ensemble ». Chez Via Nomade, Marine Simon pointe toutefois l’autre menace de la journée : la désertion du centre-ville par la clientèle. « Nous avons reçu tous les éléments pour ouvrir sereinement, mais il ne faut pas que tout cela fasse fuir les gens. Ce mouvement se fait au détriment du commerce quimpérois ». Samedi, les boutiques seront ouvertes. La balle est désormais dans le camp des clients.