« Trente jours pour trouver un repreneur » : cette petite entreprise de la santé placée en redressement judiciaire, à Rennes
L’horizon s’assombrit pour VitaDx. La start-up rennaise, qui a développé Visiocyt Bladder, un test urinaire couplé à une analyse d’image par intelligence artificielle (IA) pour le diagnostic et la surveillance du cancer de la vessie, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Rennes à compter du 7 octobre. Elle était déjà sous le coup d’une procédure de sauvegarde depuis début mai. En cause : des difficultés de financement, liées aux conditions de remboursement de Visiocyt Bladder.
Dans le cadre du redressement, VitaDx « recherche activement un repreneur, investisseur ou partenaire industriel », écrit la petite entreprise sur le réseau social LinkedIn. « Nous avons 30 jours pour trouver un repreneur », précise le directeur général, Fabrice Beauchêne. La date limite de dépôt des offres est fixée au vendredi 20 novembre à 10 heures. L’entreprise a déjà fait l’objet de plusieurs marques d’intérêt qui n’ont toutefois pas été jugées suffisantes par le tribunal de commerce.
Plan d’économies
Si VitaDx se retrouve dans cette situation, c’est, selon sa direction, pour des raisons réglementaires relatives à l’accès au marché de Visiocyt Bladder. « Malgré une entrée prometteuse sur le marché et une technologie reconnue, VitaDx a été fragilisée par les délais prolongés d’instruction du ministère de la Santé concernant la prise en charge de ses solutions diagnostiques, explique-t-elle. Ces retards réglementaires, conjugués à des mesures restrictives (aujourd’hui suspendues par le Conseil d’État [en référé, NDLR]), ont pesé lourdement sur la trajectoire financière de l’entreprise, la conduisant à cette procédure. »
Depuis plusieurs mois, VitaDx a mis en place un plan d’économies passant notamment par des licenciements, comme évoqué par Fabrice Beauchêne en juin auprès du Télégramme. Alors que la start-up comptait une vingtaine de salariés en 2024, elle est descendue à sept aujourd’hui plus le directeur général. Ces mesures n’ont pas suffi.
Un chiffre d’affaires en « début de croissance »
Pour attirer les repreneurs, VitaDx souligne que son chiffre d’affaires « présente un début de croissance ». « Visiocyt Bladder est protégé par quatre familles de brevets internationaux, dispose du marquage CE et plusieurs contractualisations avec des établissements de santé sont en cours de finalisation », peut-on également lire sur LinkedIn. « Pour les investisseurs, fonds de capital-risque et partenaires industriels du secteur medtech et diagnostic, cette opération représente une opportunité d’acquérir une technologie validée scientifiquement, protégée juridiquement, et déjà intégrée dans le parcours de remboursement français », vante VitaDx.