Revue de presse

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« On ne va pas se mettre en danger pour une photo » : à Saint-Malo, habitants et touristes ont affronté la tempête Austen

Le Télégramme · 23/10/2026 · ← revue

Ce vendredi 23 octobre 2026, la tempête Austen a balayé Saint-Malo et malmené les passants. Avec des rafales dépassant les 150 km/h, chaque déplacement est devenu un défi dans les rues de la cité corsaire.

Ce midi, pour échapper aux bourrasques, mieux valait délaisser les grandes avenues et se faufiler dans les ruelles. « Il faut passer par les petites rues, ça coupe un peu le vent », conseille une retraitée, qui pousse tant bien que mal son caddie.

Parcours du combattant pour se déplacer

Rejoindre l’Intra-Muros relevait du parcours du combattant. Le quai Duguay-Trouin était fermé aux piétons comme aux véhicules motorisés. Sur la chaussée du Sillon, les déplacements à pied restaient possibles, mais éprouvants. Un serveur d’une trentaine d’années tente tout de même d’utiliser sa trottinette électrique pour rejoindre son travail. « Mais bon, j’ai l’impression de ne pas avancer », lâche-t-il, freiné par les rafales.

Dans le cœur historique, certains tentent malgré tout de gravir les escaliers menant aux remparts pour assister aux spectacles. Mais ce père de famille, son fils cramponné dans les bras, préfère faire demi-tour. « C’est trop dangereux pour des enfants », explique ce touriste. D’autres s’amusent de la puissance du vent, comme ces adolescents qui testent leur résistance aux bourrasques avant de vite retourner s’abriter.

Avec un vent moyen supérieur à 110 km/h et des rafales dépassant les 150 km/h, difficile, en effet, de tenir debout face aux éléments.

« C’est magnifique, mais on fait attention »

Plus loin, face à la plage du Môle, Karine immortalise avec son téléphone les vagues qui viennent s’écraser contre la digue. « Ce n’est pas très bien », reconnaît cette Parisienne venue assister à la Route du Rhum. Mais le village de la course est fermé en raison de la tempête. « Alors, on vient profiter de la vue. C’est magnifique, le relief que prend la mer avec ce ciel gris. Mais on fait attention, on ne va pas se mettre en danger pour une photo… »

Vers 15 h, quelques éclaircies commencent à percer le ciel, resté gris toute la matinée. « C’est le moment de se promener un peu », sourit Myriam, qui espère elle aussi pouvoir admirer les trimarans dans le port.

Malgré un vent toujours violent, les promeneurs reviennent sur les remparts. Une bonne vingtaine de personnes s’attroupent devant la jetée de la plage du Môle pour observer les vagues impressionnantes qui s’abattent sur la digue. « C’est incroyable ! », s’exclame Marie, qui tente tant bien que mal de garder sa capuche sur la tête. Avant d’ajouter, avec humour : « Bon, par contre, avec le vent qui soulève le sable, ce soir, on va se sentir comme si on avait été dans l’eau ! »