Jordan Bardella : le remplaçant irremplaçable

Par Derek Perrotte
On lui promettait la chute et la traversée du désert. Il est retombé sur ses pieds sans même faire un tour par le bac à sable. Ce week-end, Jordan Bardella va être réélu président du RN haut la main, lors du congrès du parti à Orléans (Loiret). Tout va bien madame la marquise. Ou madame la princesse, il a un faible pour ces dernières. Le constat est froid, et même glaçant : les sympathisants RN n'ont rien à faire des accusations d'antisémitisme qui le frappent depuis trois semaines. Pas plus qu'ils n'avaient eu cure de la condamnation cet été de Marine Le Pen. C'est bien la première fois qu'ils ne réclament pas la « tolérance zéro » pour un jeune du « 9-3 ». Attention, il y a du relâchement face à cette « France des ultras et des 'wallah' », comme Bardella a qualifié lundi les émeutiers.
Tiré à quatre épingles
L'affaire révélée par Mediapart avait mis le feu à la maison. Il a résisté aux flammes. Prends ça, Jeanne. « Le destin des dauphins, c'est de s'échouer », avait dit un jour Jean-Marie Le Pen, évoquant alors Bruno Gollnisch. Au contraire, Bardella continue de voguer vers Matignon. Trop populaire, trop utile pour capter le vote des jeunes, trop mis en avant depuis trois ans, le grand remplaçant de Marine Le Pen s'avère aujourd'hui irremplaçable. Des cadres RN résument : « Marine a besoin de Jordan et inversement. » Prends ça, Marion. Officiellement, il a le « soutien indéfectible » de celle qu'il surnomme « la patronne ». Pas sûr toutefois qu'ils repartent en vacances ensemble. Toujours tiré à quatre épingles, cet expert des costumes s'est vu un peu trop vite dans celui de président de la République. Dans le clan Le Pen, certains en auraient bien profité pour le renvoyer au vestiaire. Ils peuvent aller se rhabiller.