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Présidentielle 2027 : ce maire du Morbihan dévoile son candidat et ses priorités en politique

actu.fr · 24/10/2026 · ← revue

« Ni godillot, ni extrémiste ». Tel est le slogan du maire de Ploemeur, Ronan Loas, pour décrire son engagement politique à travers ses trois mandats comme vice-président au sein de Lorient Agglomération et vice-président délégué à la culture, à l’enseignement supérieur et à la recherche au Conseil départemental du Morbihann. Sur un territoire politique marqué par des problématiques locales clivantes comme l’éolien en mer mais où diverses sensibilités républicaines se rassemblent en toile de fond en vue de l’élection Présidentielle 2027, quelles sont ses priorités politiques ? Actu Morbihan : quel candidat allez-vous soutenir pour les présidentielles 2027 ? Ronan Loas : Je suis toujours dans le même parti politique. Après avoir passé un moment hors parti, j’ai en effet quitté l’UMP au sein duquel je ne me retrouvais plus et j’ai un passé chez les Républicains et au RPR, aujourd’hui je suis au bureau politique d’Horizons. Êtes-vous toujours référent régional au sein de ce parti ? Non je ne suis plus référent pour la région Bretagne. Je considère que ces postes-là doivent tourner car c’est intéressant d’avoir un nouveau regard et de changer les élus. Pour la présidentielle de 2027, je soutiendrai donc Édouard Philippe : j’ai toujours été très proche de Christophe Béchu, le maire d’Angers, car je me retrouve beaucoup dans sa politique pour une ville verte. Prenez-vous une part active dans sa campagne ? Je fais partie du comité de campagne d’Édouard Philippe. Je travaille avec Maël de Calan qui est le coordinateur de ses porte-parole ainsi qu’avec Marie Guévenoux, sa codirectrice de campagne. Comptez-vous vous présenter aux prochaines élections législatives ? Je ne me positionne pas là-dessus, car je suis déjà très chargé. Et puis déjà en 2024, je n’avais pas été candidat car on sentait que le schéma allait être compliqué pour la majorité présidentielle avec l’élargissement du bloc central ce qu’on voit au local dans nos majorités avec la droite, le centre, voire le centre gauche et la gauche républicaine. Et dans des listes aux sénatoriales on retrouve les divers droits, l’UDI, le centre droit et le RN. Avant l’arrivée de Macron, il y avait une baronnie locale et depuis cela a permis de renouveler les têtes. Mais on a quitté un bipartisme et on se retrouve dans un quadripartisme. L’entrée du RN est une conséquence mathématique de leur percée aux municipales, il ne faut pas être grand clerc pour voir que les départements en proportionnelle basculent avec des députés RN. La loi sur le non-cumul des mandats a-t-elle eu une incidence sur la manière de faire de la politique pour les députés ? Regardez le nombre de maires devenus députés et d’anciens députés qui se sont présentés aux municipales… Je reste persuadé qu’à l’Assemblée Nationale, on a perdu ce rôle-là du député ayant une expérience locale. Mais quand on a déjà traité un plan local d’urbanisme, on a une meilleure connaissance des enjeux. Cela vaut aussi pour certains ministres qui n’ont pas toujours une bonne compréhension des enjeux locaux. Si on veut maintenir de l’agricole et maintenir nos nappes par exemple, il faut que les villes se renouvellent sur elles-mêmes et désimperméabiliser. Si on n’a pas été aux affaires on ne s’en aperçoit pas. Bien sûr, on peut faire de grands débats, mais ces sujets sont de plus en plus complexes et quand des députés arrivent avec des solutions très simplistes, cela m’inquiète énormément. Quel bilan faites-vous de vos différents mandats locaux ? Élu à 31 ans, j’en suis à ma treizième année de mairie à Ploemeur et ce sera la 14e l’année prochaine. J’ai un engagement au Département du Morbihan et je suis devenu le premier vice-président de Lorient Agglomération sur demande de mes collègues. Quelles sont vos priorités dans tout ça ? Ma priorité est pour Ploemeur, c’est la base de mon engagement. Et puis au sein de l’agglomération, je me suis positionné sur la problématique de l’eau, car on sentait déjà que serait un des sujets centraux de l’année à venir. J’entends à travers cette problématique à la fois le petit cycle de l’eau, qui comprend l’assainissement et l’eau potable, ce sera mon sujet communautaire, en faisant le lien avec la Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations (GEMAPI) dans le grand cycle de l’eau. J’ai un vrai rôle d’appui dans ce domaine. Au niveau de l’agglomération, ce qui a changé et que je trouve bien depuis la loi NOTRe est le fait de pouvoir travailler sur un sujet de l’intercommunalité avec différentes sensibilités politiques. Il y a une nouvelle dynamique et pour l’instant on travaille bien au sein des bureaux partagés. Avez-vous de bonnes relations avec les élus de partis différents du vôtre ? J’ai reçu plusieurs fois le député Damien Girard. Il a été surpris sur notre avance en matière de décarbonation car on a mis en œuvre une vraie accélération en termes de transition écologique ici à Ploemeur. Il est déjà venu deux fois, au Forum des associations notamment. Alors sur quel sujet, par exemple, l’élu local a une meilleure compréhension des enjeux ? Parlons des algues vertes : Damien Girard a été un peu dur, car on n’est pas dans le plan algues vertes de l’État. J’en ai encore parlé au préfet récemment car cela entre dans une politique nationale et régionale. On doit être accompagné. Moi en tant que maire de Ploemeur je gère toute ma filière, j’ai formé mes agents et je les stocke dans un lieu dédié. Que pensez-vous du problème de la dette ? La question du projet de loi de finance est la grande inconnue. On est face à un mur de la dette : l’impôt ne paye même plus les intérêts de la dette, c’est comme si mes impôts ne payaient plus que les intérêts de la dette de l’État français, comme si mes revenus ne payent non pas ce que je dois rembourser mais l’intérêt de ce que je dois rembourser. Tocqueville disait « le meilleur impôt est celui qui a l’assise la plus large ». On peut toujours penser qu’on a un problème de recette, mais on a aussi et surtout un problème de dépense. Quel est votre message aux électeurs pour ces présidentielles 2027 ? Que les forces de la droite et du centre se réunissent et que les élus locaux soient entendus afin que ce ne soit pas à Paris de décider qui doit être le candidat au niveau local. Ce n’est pas au parti de dire qui sera le candidat. Encore une fois « Ni godillot, ni extrémiste ». Il y aura ce travail-là à faire en lien avec les villes voisines : avec Lorient ; Larmor-Plage et Groix on a les mêmes sensibilités. Sur des questions comme l’éolien en mer, comment tenez-vous votre ligne même au sein du conseil départemental alors que le président est contre ? Avec David Lappartient, au département, quand on a des divergences je sais aussi les exprimer. David est à 200 % contre les éoliennes et Fabrice à 200 % pour. De mon côté, j’ai fait le choix comme je l’avais annoncé en janvier 2025 de ne pas prendre part à ce vote car je suis très favorable à l’énergie renouvelable. Je suis persuadé qu’il faut un mix énergétique varié tout en restant favorable au nucléaire. Les lignes ont bougé par exemple le RN était contre avant et pour maintenant, tout comme à gauche ils étaient antinucléaire avant et aujourd’hui c’est parfois l’inverse. Mais on ne peut pas tout faire reposer sur cette solution, on l’a vu cet été avec l’assèchement des cours d’eau et l’augmentation de la température, on a dû fermer nos centrales nucléaires. L’énergie décarbonée est un sujet d’autonomie et de sécurité pour la France on le voit avec ce qui se passe dans le détroit d’Ormuz sur la dépendance aux hydrocarbures. Quels sont les points de désaccord sur ce projet ? J’ai travaillé sur ce sujet, j’ai été à toutes les réunions. Le point d’affrontement c’est surtout sur le territoire de la Communauté de Communes Auray Quiberon Terre Atlantique (AQTA) sur la problématique de l’atterrage. On aurait pu l’avoir ici et quand on nous a présenté les zones en préfecture, j’étais le seul maire. Il y avait deux secteurs possibles, l’un partait vers Ploemeur vers Fort Bloqué l’autre vers Le Pérello. Mais sur notre secteur, il y avait des questions par rapport aux activités de nautisme, à des zones avec une centrale électrique et des terrains de foot. Un autre problème concerne ceux qui veulent les repousser plus au large : on ne peut pas franchir la ligne de territorialité au-delà de laquelle vous n’avez plus la fiscalité. Il y a eu une forte contestation des citoyens… C’est un sujet qui inquiète les citoyens et c’est normal, mais la population est invitée à participer à chaque réunion publique. Aujourd’hui le offshore se développe comme à Saint-Brieuc et pour l’instant, il n’est pas possible de ne pas transporter l’énergie par un câble. Il faut de l’éolien en mer et l’esthétique n’est pas un sujet pour moi car à chaque arrivée de nouvelles technologies, les gens étaient contre comme pour l’installation des lignes électriques. Et puis on a été très contents que nos centrales soient posées en Moselle et ce n’est pas particulièrement esthétique pour le paysage. Quelles sont vos réserves sur l’éolien ? J’ai une réserve sur le fait que ce projet générerait de l’emploi ce que j’attends de voir. Et puis l’ingénierie n’est pas encore française. Ce n’est pas Pennavel le fabriquant. Ici à mon niveau sur d’autres usages que l’éolien, j’ai mis Ploemeur dans un territoire d’accélération. Quand on voit la Russie qui cogne l’Ukraine… Nous avons d’ailleurs un partenariat avec la ville d’Itchnia, on a soutenu leur hôpital, les Russes ont ciblé sa production d’énergie. Alors voilà le mix énergétique, c’est se dire qu’on ne met pas tous nos œufs dans le même panier. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.