Revue de presse

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« Vous avez vos cartons, j’ai mes photos » : les regroupements d’écoles agitent le conseil municipal à Saint-Brieuc

Ouest-France · 21/10/2026 · ← revue

Le brouhaha avant les débats. Plusieurs dizaines de parents d’élèves, d’enseignants et de syndicalistes ont lancé un concert de casseroles avant le début du conseil municipal, devant la salle de l’assemblée, rue Poulain-Corbion, mercredi 21 octobre 2026, à Saint-Brieuc. Une mobilisation contre le projet de regroupements scolaires, impliquant la fermeture de cinq écoles, porté par le maire Victor Bonnot (Horizons).

Si les manifestants sont restés à l’extérieur, continuant de tambouriner avec leurs ustensiles pendant une heure, le sujet des écoles s’est, sans surprise, invité à l’intérieur, par l’intermédiaire des deux camps d’opposition de gauche dans leur carte blanche liminaire. Nous vous demandons d’abandonner votre projet, a réclamé le groupe de l’ancien maire Hervé Guihard (Place Publique), par la voix de Cigdem Aktas.

Le coût réévalué à « près de 50 millions d’euros »

L’ex-adjointe à l’éducation s’est appuyée sur son bilan. Nous avons investi plus de 10 millions d’euros dans nos écoles, avec des rénovations et des améliorations des locaux, notamment à Cesson-Bourg et à Jacques-Brel. Notre choix était d’investir dans les écoles existantes, pas de les supprimer. Nous ne contestons pas la nécessité de réfléchir à l’avenir de nos écoles. Nous contestons votre choix politique de répondre à la baisse démographique et aux besoins de rénovation par la fermeture de cinq écoles publiques, a-t-elle argué, en sortant des pancartes de manifestants.

Victor Bonnot avait préparé sa riposte. Vous avez vos cartons, j’ai mes photos, a-t-il lancé en sortant des clichés pour montrer la vétusté du bâti scolaire. C’est irresponsable de laisser une école dans cet état, a-t-il lancé. Avant de dérouler son argumentaire. Nous ne pouvons pas rénover les 20 écoles. D’où le regroupement. Fermer une école, c’est un acte important. On comprend la colère et on sait les conséquences. Je n’ai pas décidé ça tout seul derrière un bureau. J’ai mis autour de la table le Préfet, le Dasen (Directeur académique des services de l’éducation nationale), l’ARS (Agence régional de santé), la Caf (Caisse d’allocations familiales)…

Le premier édile a aussi partagé un nouveau chiffre pour le coût estimé. Il a été réévalué à la hausse depuis la semaine dernière. Ce n’est plus 30 millions d’euros, mais près de 50 millions pour les diverses rénovations, prévues à partir de l’été 2028. Où trouver une telle somme, alors que Victor Bonnot martèle que la Ville est en difficulté financière ? Nous y consacrerons plus de la moitié de nos investissements annuels, a-t-il répété. On fait le pari d’agir pour l’avenir, en mettant de côté d’autres investissements pour le moment.

« La qualité de l’école ne se mesure pas à sa taille »

Il a été soutenu par son adjointe à l’éducation, Jennifer Le Du, qui a fait valoir son parcours : d’agent d’entretien à éducatrice spécialisée, en passant par Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles) et animatrice. La qualité de l’école ne se mesure pas à sa taille. Nous souhaitons regrouper pour faire mieux. Ce sont des choix difficiles, parfois impopulaires, mais que nous assumons. La question, c’est quelles écoles nous voulons offrir à nos enfants pour les vingt prochaines années.

Henri Alloy, unique représentant La France Insoumise, a, lui, fait remarquer que ces fermetures n’étaient pas annoncées dans le programme de Victor Bonnot… Et a attaqué le maire sur l’école Yves-Dollo, aux Villages, craignant une fuite vers l’école privée Saint-Joseph plus proche. Le premier édile a balayé cette analyse : Notre projet répond justement au défi de l’attractivité de l’école publique face au privé, adaptée aux enfants, aux professeurs, aux agents de la Ville.