Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

« Fermer, c’est comme démissionner ! » À Quimper, des commerçants choqués mais résilients

Le Télégramme · 21/10/2026 · ← revue

« Je ne vous le cache pas, on n’est pas super-rassurés… Est-ce que ce sera comme ça tous les samedis ? », s’interroge Marine Le Bras, gérante de La Fée Maraboutée. Elle envisage d’ouvrir son commerce ce samedi, « parce que, justement, c’est un samedi de vacances scolaires et que nous sommes en offre commerciale ». Sidérée par la violence qui a déferlé dans sa rue le week-end dernier, l’obligeant à se réfugier dans les halles, elle fermera « peut-être à 15 h », selon la tournure des événements, et l’orientation qui sera donnée par l’association des vitrines de Quimper, qui a programmé une réunion avec les élus et la police, ce jeudi soir.

« Limiter la perte d’activité »

Valérie Sarrut, gérante du magasin K-Way, pillé samedi, « attend les ordres de la préfecture. J’aimerais ouvrir samedi. Je suis prête », explique-t-elle, en écoutant attentivement l’expert en assurances venu chiffrer ses dégâts. Entre la vitrine brisée, les vêtements dérobés et le parquet abîmé, son préjudice est estimé entre 150 000 et 180 000 €. La franchise K-Way a déjà livré le réassort. Dans l’instant, seul son ordinateur, hors d’usage, l’empêche de redémarrer son activité, « mais il me faut reprendre le plus vite possible, pour limiter la perte d’activité ».

« Samedi, j’ai fait 0 € »

Roland Brulé, gérant du magasin de déco La Pastorale estime que « fermer, c’est laisser gagner, c’est comme démissionner ! ». Il ouvrira donc, en étant aux aguets, et fermera « si ça dégénère ». Il reste « hyper choqué » par les scènes d’émeute vécues le 17 octobre. « De 14 h à 19 h, j’ai vu des gamins, conseillés par une vingtaine de caïds, qui cassaient, rigolaient, buvaient des bières… J’en ai vu, des manifs, en 35 ans de carrière, mais jamais comme ça. » Les gaz lacrymogènes, passant sous sa porte d’entrée, l’ont obligé à se réfugier dans le café des halles, tout proche. « Samedi, j’ai fait 0 € de recettes. On subit tout le temps ! ».

« Je n’hésiterai pas à fermer, même si ça nous plombe »

Au sein du magasin Saint-James, la gérante, Sophie Pochic, attend un e-mail de son siège, mais ne prendra aucun risque. « Je viendrai éventuellement le matin, pour voir comment ça se passe, mais je n’hésiterai pas à fermer, même si ça nous plombe. » Son employée, Florence Manach, reste consternée : « J’ai connu les bonnets rouges, les gilets jaunes, mais une comme ça, jamais vu ! C’était de tout jeunes gens, pour qui tout était prétexte à casser ».

« Qu’une peur : qu’ils m’arrachent ma clé »

En face, chez Mât de Misaine, Nathalie Guichaoua est adossée à sa vitrine étoilée. « Ils ont commencé à taper au marteau. Je pleurais. Je leur criais : ne faites pas ça ! C’est un petit magasin, je n’y suis pour rien ! ». Elle a dû fuir. « Je n’avais qu’une peur : qu’ils m’arrachent ma clé et entrent. Là, c’était le boulevard… ». Elle ouvrira samedi, mais pas seule. « Une responsable va venir de Vendée, en compagnie de son époux. »

Au bout de la rue, Robin Daniellou, gérant du Café des Halles, dont tout le monde a loué la bienveillance – 20 commerçants étaient réfugiés dans son bar –, est aussi humble que concis : « On a fait face pendant six heures. Et je serai ouvert samedi ! ».