Revue de presse

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Après les violences urbaines du 17 octobre, le gouvernement et Renaissance s’en prennent aux réseaux sociaux

Le Monde · 20/10/2026 · ← revue

Les réseaux sociaux ont-ils joué un rôle dans les violences urbaines qui ont touché plusieurs villes les 17 et 18 octobre ? Pour le ministre de l’économie, Roland Lescure, la cause est entendue : « Cette question sociétale de l’impact des réseaux sociaux sur les violences urbaines doit se poser, et les conséquences devront sans doute en être tirées », a-t-il déclaré, mardi 20 octobre, lors d’une conférence de presse consacrée aux mesures d’aide aux commerçants victimes de pillages. « Les réseaux sociaux, évidemment, ont joué un rôle », affirmait-il. Lequel ? Si les appels à la mobilisation ont très largement circulé sur Instagram, X ou TikTok, comme depuis le début de la mobilisation des lycéens, il semble difficile d’estimer un éventuel rôle de ces plateformes dans les violences. Le ministère de l’intérieur, dont la gestion des mobilisations et des violences du week-end est fortement critiquée, reste d’ailleurs nettement plus prudent sur ce sujet. Interrogé à l’Assemblée nationale le 7 octobre, alors que des affrontements avec les forces de l’ordre avaient déjà eu lieu lors de plusieurs mobilisations lycéennes, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, notait que ses services avaient bien eu connaissance de messages en ligne appelant à venir manifester « avec votre mortier [de feu d’artifice] », mais il notait aussi qu’une partie de ces messages étaient de « faux appels à rassemblement ». Quant à l’idée que les pillages ont été directement aggravés par la diffusion de messages sur TikTok ou Snapchat, elle est encore beaucoup plus difficile à établir. Le député (Renaissance) de Paris Sylvain Maillard appelait, lors des questions au gouvernement, mardi, à « l’interdiction de la géolocalisation des vidéos de pillages sur les réseaux sociaux dès qu’une manifestation dérape », sans qu’il soit clair s’il faisait référence à un événement en particulier. De très nombreuses images de pillages ont été diffusées le 17 octobre, et sans nier qu’elles aient pu avoir un effet d’entraînement, la localisation des « points chauds » était à la fois très visible directement sur les images, et d’une faible utilité à des pillards potentiels souhaitant se rendre sur place : les boutiques visées ont pour la plupart été vidées en quelques minutes, alors que les déplacements étaient très compliqués dans toutes les grandes villes.

Un précédent de blocage en Nouvelle-Calédonie

Le candidat Renaissance à la présidentielle, Gabriel Attal, allait même beaucoup plus loin, lundi, en suggérant dans un entretien sur RTL que « lors des émeutes, nous devons pouvoir bloquer temporairement et de manière ciblée l’accès à certaines plateformes pour stopper l’effet de meute ». Une mesure que Gabriel Attal, alors premier ministre, avait déjà validée en 2024, en ordonnant le blocage de TikTok sur l’ensemble du territoire de la Nouvelle-Calédonie, qui était en proie à d’importantes violences. Saisi, le Conseil d’Etat avait estimé, l’année suivante, que cette mesure avait porté « une atteinte disproportionnée aux droits et libertés » et était illégale, même si le principe d’un blocage ne l’était pas. Une mesure de ce type ne semble pas à l’ordre du jour : convoqués mardi à une réunion avec la secrétaire d’Etat au numérique, Anne Le Hénanff, les représentants des principaux réseaux sociaux ont assuré que le sujet n’avait pas été évoqué, rapporte L’informé. Quelques heures après la fin de cette réunion, des messages paniqués évoquaient, sur X ou TikTok, un « appel à piller » le centre commercial Créteil-Soleil, dans le Val-de-Marne, qui auraient été publiés sur les réseaux sociaux. Aucune trace d’un « appel » de ce type n’a pu être trouvée sur les principales plateformes, mais la rumeur a entraîné la fermeture, en plein jour, du centre commercial, tandis que la Préfecture de police démentait tout pillage ou intervention… sur ses comptes sur les réseaux sociaux.