Gérald Darmanin attaque la mairie de Rennes en direct sur CNews : Nathalie Appéré lui répond
Invité ce mardi matin au micro de Laurence Ferrari dans l’émission La Matinale sur CNews et Europe 1, le ministre de la Justice Gérald Darmanin, a signé une sortie médiatique remarquée en revenant sur les événements du 17 octobre et les mesures de couvre-feu prises dans plusieurs villes de France pour éviter de nouvelles violences.
La réponse cinglante de la maire de Rennes
Le garde des Sceaux a notamment regretté que certaines communes n’aient pas appliqué le dispositif. En ciblant directement la capitale bretonne. « À Rennes, le couvre-feu a été refusé par la mairie et il y a encore eu des exactions hier soir, ça m’inquiète… Il y a des maires de gauche qui ont pourtant été très courageux. Je pense à la mairie de Lille, accompagné par le Préfet, qui ont pu faire respecter ces couvre-feux. »
La réplique de Nathalie Appéré a été cinglante. La maire de Rennes qui n’a pas souhaité s’exprimer officiellement sur le sujet, ailleurs que dans Ouest-France, a dénoncé chez nos confrères « un mensonge éhonté d’une bassesse inouïe, indigne d’un ministre de la République ».
Une décision bel et bien prise par la Préfecture
L’élue a expliqué avoir été contactée samedi soir à propos d’un éventuel couvre-feu : « Cette mesure, dont je lui ai dit qu’elle relevait à mon sens de sa seule compétence dans le moment, aurait surtout été parfaitement inopérante, puisque l’État n’était absolument pas en mesure de la faire respecter. » Et d’ajouter qu’aucun autre échange n’avait eu lieu avec la préfète, accusant le ministre d’essayer « de faire oublier l’incurie du gouvernement en rejetant la faute sur les autres ».
Si la mise en place d’un couvre-feu a un temps été envisagée, la Préfète d’Ille-et-Vilaine Emmanuelle Dubée a finalement pris un arrêté interdisant les attroupements de 20 h à 5 h du matin dans trois secteurs du centre-ville de Rennes jusqu’au samedi 24 octobre. Une décision intervenue après une longue réunion avec des commerçants ainsi que des représentants de la police et du parquet. Interrogée ce jour sur la sortie du ministre de la Justice, Emmanuelle Dubée a confirmé avoir bien été à l’origine de cette décision la jugeant « adaptée à la situation actuelle à Rennes ».
Quant aux fameuses « exactions » de la veille évoquées par le ministre : impossible d’en trouver la moindre trace. « Il ne s’est rien passé hier soir à Rennes », nous ont confiés plusieurs policiers, décrivant au contraire une nuit « très calme ». Décidément.