Guillaume Guérin, le maire de Limoges qui accuse LFI d’être « comptable du chaos », après l’incendie de l’hôtel de ville

Un édile qui exige réparation
Il est l’un des visages de la colère face aux destructions commises en marge des manifestations du samedi 17 octobre. Guillaume Guérin, maire Les Républicains (LR) de Limoges, dont l’hôtel de ville a été ravagé par les flammes, menace de démissionner si l’Etat ne finance pas la reconstruction du bâtiment. « Je veux un plan particulier pour Limoges et les millions qui vont avec », a insisté l’édile de 39 ans lors d’une conférence de presse au lendemain de l’incendie, exigeant « les mêmes capacités à reconstruire que celles qui ont été données à Notre-Dame ». Le premier ministre, Sébastien Lecornu, lui a répondu le jour même par une lettre, assurant que « la mairie de Limoges [serait] reconstruite car elle est le symbole d’une nation qui ne se laisse ni abattre ni intimider ».
La France insoumise dans le viseur
Le maire de cette commune de 130 000 habitants était loin de s’attendre à un tel déchaînement de violence dans sa ville. Avant même les résultats de l’enquête ouverte par le parquet de Limoges, Guillaume Guérin a explicitement accusé « l’ultragauche », désignant La France insoumise (LFI) comme « comptable de ce chaos ». « C’était un incendie prémédité. Une tentative d’assassinat envers les élus de la République », a-t-il lancé en faisant huer le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, à l’occasion d’un rassemblement organisé au lendemain de l’incendie. « Ces gens-là sont largement galvanisés par certains discours politiques d’un certain candidat à l’élection présidentielle que tout le monde aura parfaitement identifié. »
Un étudiant très à droite
Ce Limougeaud de naissance, encarté à l’UMP à 17 ans après avoir fait ses armes au sein du très droitier syndicat étudiant UNI, a été l’une des chevilles ouvrières de la bascule à droite de Limoges à l’occasion des municipales de 2014. La cité porcelainière, bastion historique de la gauche au point d’être surnommée la « Rome du socialisme », est alors ravie, à la surprise générale, par le médecin psychiatre Emile Roger Lombertie, chef de file d’une liste d’union UMP-UDI-MoDem. Guillaume Guérin devient son premier adjoint. Ce proche de François Baroin et de David Lisnard – il adhérera au parti fondé en 2021 par le maire de Cannes, Nouvelle Energie – devient président de Limoges Métropole en 2020.
Un pourfendeur de « l’union de la honte »
L’homme, réputé discret, qui confiait en 2023 au journal Le Populaire du centre sa passion pour la pêche à la mouche, se place au centre du jeu lors des élections municipales de mars 2026. Il choisit de rompre avec son mentor, Emile Roger Lombertie, qui se représente pour un troisième mandat tout en étant visé par une plainte pénale pour harcèlement. Guérin arrive en tête du premier tour avec 27,34 % des voix, loin devant le maire sortant. Pour le second tour, ses adversaires, socialistes et LFI, décident de fusionner leurs listes. Sa campagne contre ce qu’il appelle « l’union de la honte » est payante : sa liste Limoges en partage (LR-MoDem-PRG) recueille 51,25 % des voix au second tour.