Pour le proviseur de ce lycée de Vendée, « faire vivre le conseil de la vie lycéenne nous semble essentiel »
Le mouvement lycéen s’est calmé, à Fontenay-le-Comte. Les 5 et 6 octobre 2026, ils étaient plusieurs centaines issus des trois lycées de la ville à s’être rassemblés devant l’entrée des élèves de l’établissement Rabelais, pour faire entendre leurs revendications et aussi par solidarité avec les autres lycées de France. Quelques jours après, le proviseur du lycée Rabelais revient sur ces événements et leurs conséquences.
Vous souhaitiez revenir sur les manifestations à Fontenay-le-Comte la semaine dernière.
Il me paraît nécessaire d’apporter plusieurs précisions. Les manifestations se sont déroulées dans le calme aux abords du lycée. Les élèves manifestants sont restés pacifiques et ont fait preuve de respect envers les personnes comme envers le mobilier. Les forces de police présentes ont assuré un encadrement à distance, dans un esprit de bienveillance et de maîtrise, permettant à la situation de se dérouler sans tension.
Malgré le blocage, l’accès au lycée n’a pas été fermé aux élèves qui souhaitaient assister aux cours. J’étais moi-même présent chaque matin à la grille de l’établissement afin d’accueillir les élèves et de permettre à ceux qui le désiraient de rejoindre leurs salles de classe.
Plusieurs élèves n’ont pas pu rentrer à l’internat, le soir des manifestations. Comment expliquez-vous cet épisode ?
Je ne peux laisser dire, ni laisser croire, que nous aurions exclu des élèves internes ou interdit leur accès à l’internat au motif qu’ils participaient aux manifestations. Face aux absences constatées, toutes les familles concernées ont été contactées afin de savoir si leur enfant serait présent à l’internat. Cette démarche avait pour objectif d’identifier les besoins d’hébergement de ces jeunes et d’organiser l’accueil dans les meilleures conditions. Notre responsabilité est de garantir la continuité du service public d’éducation, mais aussi la sécurité des élèves et des personnels. Or, nous avions connaissance de messages diffusés sur les réseaux sociaux faisant état de l’intention de certains manifestants internes de mettre le bazar dans l’internat. Ces éléments nous ont conduits à prendre en considération un risque potentiel pour la sécurité et le bon fonctionnement de l’établissement. Pour autant, toutes les familles et tous les élèves concernés ont été contactés, et les élèves qui se trouvaient sans solution d’hébergement ont pu être accueillis à l’internat.
Je regrette que cette situation ait pu donner une image négative de notre établissement. De nombreux personnels ont d’ailleurs été affectés par cette représentation, qui ne reflète pas la réalité de leur engagement quotidien. Le climat du lycée demeure serein, sécurisé et propice aux apprentissages, au dialogue et à l’exercice de la citoyenneté.
Comment mettez-vous en place le « temps de démocratie » préconisé par le premier ministre, à la suite des manifestations lycéennes ?
Un temps démocratique a été organisé au sein des classes. Il est important que nos élèves, habitués des réseaux sociaux et des formules courtes, incisives, puissent prendre le temps de construire une expression démocratique, argumentée, structurée issue d’échanges, de dialogues, de compromis avec leurs pairs. Ils pourront ensuite déposer leurs revendications sur la plateforme Agora dédiée mise en place par le ministère.
Nous avons également reçu les représentants du Conseil de la vie lycéenne (CVL) afin de les accompagner dans leur rôle et de leur permettre de porter la parole de leurs camarades dans un cadre constructif. Les manifestations ont mis en évidence que les lycéens connaissent peu les espaces démocratiques où leur parole est possible, écoutée, entendue. Faire vivre le CVL au sein des lycées nous semble essentiel.
Cette démarche n’est pas nouvelle. Les élèves sont le plus souvent associés aux décisions qui les concernent. La question de l’utilisation du téléphone portable en constitue un exemple concret. Depuis deux ans, nous travaillons avec les lycéens sur ce sujet. Une première étape a consisté à faire du restaurant scolaire une zone de respiration numérique. Cette année, les espaces sans téléphone portable ont été étendus à l’ensemble du lycée, tout en maintenant trois espaces où son utilisation reste possible.
Avez-vous compris leurs revendications, par exemple pour Parcoursup ?
Parcoursup est symbolique. Il y a une inquiétude qui est légitime, portant sur l’orientation et leur avenir.
Et concernant la vétusté du bâtiment A du lycée ?
Il va être restructuré, les travaux débutent en juin. Plus de 10 millions d’euros sont sur la table, le permis de construire va être déposé. Ce chantier durera trois ans et se fera par tranche. Le 3e niveau du bâtiment D sera prêt en septembre pour accueillir des classes.