Revue de presse

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« Je n’ai plus les mots » : sidérés, les Rennais découvrent l’ampleur des dégâts causés par les pillages et les dégradations [Vidéo]

Le Télégramme · 18/10/2026 · ← revue

L’alarme continue de retentir dans le magasin Séphora de la rue le Bastard, ce dimanche 18 octobre. Ciblée, samedi, après la manifestation contre la vie chère, l’enseigne, surveillée par un agent de sécurité, a encore sa vitrine grande ouverte. À l’intérieur, les rayons sont vides. Les quelques articles qui n’ont pas été emportés par les pillards jonchent le sol. Devant, les badauds filment ou penchent la tête pour mieux voir. Et commentent. « Je n’ai plus les mots, déplore cette riveraine. C’est juste honteux. »

Dans une grande partie du centre-ville, de la place Sainte-Anne au centre Colombia, les mêmes scènes se répètent. Ici, le bureau de tabac de la rue d’Antrain littéralement retourné. Là, les restes de la vitrine des Galeries Lafayette étalés sur le trottoir. Un peu plus loin, le magasin de chaussures Trouvé, le plus vieux de la rue Jules Simon, entièrement vidé, recouvert de panneaux en bois.

Choc et sidération des Rennais

« Les dégâts sont considérables », alertait, dès samedi soir, la maire de Rennes Nathalie Appéré. Les magasins pris pour cible se comptent par dizaines mais difficile encore d’établir précisément le nombre d’échoppes touchées par les vols. Foot Locker, Zara, Boulanger, Easy Cash… Si la capitale bretonne est habituée à la casse, jamais elle n’avait fait face à des pillages aussi étendus.

Laurence (*) a assisté aux premières loges à certaines scènes. « J’étais à ma fenêtre, j’ai ouvert pour voir ce qu’il se passait, nous confie-t-elle, avec son jeune fils à ses côtés. J’ai entendu un jeune dire : « Viens, on va faire nos courses chez Séphora » ». La mère évoque la peur qu’elle a ressentie. Et les interrogations qui la traversent face à ce qu’il s’est passé, à Rennes comme dans de nombreuses villes de France. « On est choqué, surtout pour ce que cela renvoie en termes d’éducation pour les plus jeunes. Ça nous fait réfléchir… »

Le Marathon Vert annule ses courses de l’après-midi

Choc, sidération : ces mots reviennent en boucle chez les Rennais croisés ce dimanche matin. « C’est absolument lamentable, je suis vraiment désespérée de voir ça », se désole Christiane, retraitée. « Je disais à mon petit-fils que ça allait mal tourner et voilà où nous en sommes ». Même sentiment de choc et de sidération chez Marie, commerçante et épargnée, cette fois, par les casseurs. « On a la gueule de bois sans avoir bu. Et il y a pire que la casse : il va aussi y avoir les pertes d’exploitations pour tout le monde car les clients n’oseront plus venir dans le centre. »

La vie, pour autant, ne s’arrête pas, offrant des scènes un brin surréaliste. Car, au milieu des stigmates de la casse, une ambiance de fête règne en même temps dans le centre-ville. Le Marathon Vert, auxquels participent des milliers de spectateurs, a malgré tout pu partir, ce dimanche matin. Ce semblant de retour à la normalité ne va pas durer : en raison d’appels au rassemblement, à 15 h, dans le centre-ville, les courses de l’après-midi ont été annulées.

* Prénom d’emprunt