Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Édito. Les sociaux-démocrates sont des naufragés menacés de disparition qui ne pensent qu’à s’entredéchirer

Ouest-France · 18/10/2026 · ← revue

C’est une histoire on ne peut plus sombre. Celle de marins néerlandais du XVIIe siècle qui, échoués sur un récif inhospitalier, se sont massacrés les uns les autres plutôt que s’entraider. Cette histoire est celle du navire Le Batavia, et les responsables du courant social-démocratie de notre pays seraient avisés de la méditer. Car depuis le dimanche 11 octobre 2026 et la victoire sans appel de Raphaël Glucksmann (Place publique), il semble qu’ils soient bien partis eux aussi pour s’entredéchirer tandis que leur famille politique est menacée d’extinction.

Ces naufragés du socialisme se nomment Ségolène Royal, enfermée dans son aigreur, mais aussi bien d’autres responsables du PS dont la maire de Nantes Johanna Rolland, incapables de se ranger derrière le candidat sorti vainqueur d’une procédure qu’ils ont eux-mêmes mise en œuvre.

Leur attitude ne constitue pas une erreur, elle est une faute morale. Elle montre que les sondages sont entrés dans leurs têtes. Ils n’y croient pas, ils n’y croient plus, comme si notre futur était désormais figé dans ces enquêtes d’opinion qui se succèdent. À les regarder et à les entendre, le duel du second tour opposera l’extrême-droite à l’extrême-gauche, et la victoire est promise à Marine Le Pen. Tous assurent que la lutte contre le Rassemblement national demeure leur priorité. S’il n’y a pas lieu de douter de leur sincérité, c’est pourtant aux pieds de la candidate RN que, dimanche dernier, ils ont déposé les armes.

Et la droite républicaine dans tout ça ? Jusqu’à présent, elle navigue vers le même récif, animée des mêmes passions, handicapée par le même aveuglement. Aux soirs des 18 avril et 2 mai, après le premier tour et plus encore le second tour de l’élection présidentielle, c’est à ces élus devenus les témoins d’un monde en ruines que les Français qui souhaitent échapper à ce scénario devront demander des comptes.

(LIRE LE PRÉCÉDENT ÉDITO : Il va falloir voter ? Eh bien votons sans tarder)