Face à la montée des eaux, l'île de Bréhat veut "défendre la place du bourg" contre les inondations

Sur l’île de Bréhat (Côtes-d’Armor), la cartographie des zones exposées au recul du trait de côte a été actée par les élus. Elle comprend une quinzaine d’ouvrages littoraux de défense contre la montée des eaux qu’il convient de préserver. Mais un ouvrage ne fera pas partie de la liste, et c’est ce qui inquiète fortement les élus. Après les études menées par la CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur le défit climatique), le conseil a choisi le scénario médian définissant les impacts du recul du trait de côte à 30 et 100 ans. L’hypothèse retenue pour la cartographie est celle une élévation du niveau marin de 20 cm à 30 ans et de 60 cm à 100 ans.
Des ouvrages à conforter
Ce scénario intégrera le futur PLU et sera accompagnées de la liste des ouvrages littoraux existants répertoriés comme « protection contre le recul du trait de côte » et qu’il convient d’entretenir. Pour Bréhat, quinze ouvrages faisaient partie de la liste (1) mais le mur au nord de la grève de l’église en a été exclu par la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer) : Il est trop bas pour servir contre la montée du niveau de la mer en l’état. Il nécessiterait des travaux pour être considéré comme un ouvrage de défense contre la montée du niveau de la mer.
« Une entrée d’eau possible »
Le financement des éventuels travaux de maintien ou consolidation de ces ouvrages de protection contre la mer est encore en discussion entre l’État, le préfet et les élus du littoral regroupés au sein de l’ANEL. Mais quoi qu’il en soit, le mur nord de la grève de l’église ne sera pas concerné et il inquiète pourtant les élus. « Cela n’empêche pas qu’on va travailler à ce niveau-là pour le consolider, le rehausser afin de protéger la place du bourg, car c’est une entrée d’eau possible. » La parcelle enherbée au-dessus du mur, entre la grève et le cimetière, serait entièrement immergée en cas de montée des eaux selon le scénario médian. Un scénario qui ne prend pas en compte «la surcote en cas de grandes marées, de vents d’est et de basse pression», prévient le maire. La majorité souhaite donc engager des études avec un bureau météorologique pour évaluer ces phénomènes. On sait que l’eau va monter. Si on ne fait pas des actions maintenant, on prend des risques. Comment financer ? Pour Antoine Tartault, élu de la minorité, la question du financement de ces travaux se pose : «Les territoires sont de plus en plus abandonnés. On enlève ce mur de la liste alors qu’il est un des points faibles de la montée de l’eau dans le bourg. Comment la mairie va subvenir à ces dépenses ?» Pour le maire, il est possible d’agir en deux temps avec d’abord, des big-bags en réserve pour chaque grande marée. «Mais il y aura une digue à construire. Il faut qu’on défende la place du bourg absolument. Avec tous les réseaux qui passent en dessous, si elle s’inonde cela va créer d’énormes problèmes.» Et pour anticiper les coûts financiers futurs, les élus ont voté, lors de ce même conseil l’instauration de la nouvelle taxe Gemapi.
Une taxe Gemapi dès 2027
La taxe Gemapi (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) est habituellement mise en œuvre par les intercommunalités, mais elle peut aussi être enclenchée par une entité communale. «On sait qu'il va nous falloir nous défendre contre les inondations et la mer, indique le maire. Cette taxe peut nous servir pour des études et des travaux ». Cette taxe additionnelle est adossée à la taxe foncière (bâti et non bâti), à la cotisation foncière des entreprises (CFE) et à la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. Elle se calcule selon le nombre d'habitants DGF (dotation globale de fonctionnement calculée par l'État). Soit 1 136 habitants pour Bréhat : « Les habitants permanents et un habitant par résidence secondaire ». Elle peut être au maximum de 40 €/an, par habitant, indique le maire, soit une recette supplémentaire de 45 000 €. « Mais si on met le maximum, il faut le justifier. » La nouvelle taxe prendra effet en 2027. Son montant sera fixé par le conseil début 2027. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.