Revue de presse

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Arrivé en Bretagne à 16 ans, il obtient son CAP mention très bien et une promesse d’emploi en CDI : ce lycéen est aujourd’hui menacé d’expulsion

Le Télégramme · 15/10/2026 · ← revue

La ville de Rennes n’a pas été le théâtre d’une manifestation lycéenne ce jeudi 15 octobre 2026, mais de deux ! Alors qu’un nouveau cortège a réuni quelque 1 400 manifestants dans le centre-ville à la mi-journée, ils étaient environ 70, enseignants et élèves du lycée agricole de La-Lande-de-la-Rencontre, à Saint-Aubin-du Cormier, devant la préfecture d’Ille-et-Vilaine, boulevard d’Armorique, à partir de 14 h. Pas pour réclamer plus de moyens pour les lycées, mais pour soutenir Vassiriki Doumbia, un élève de Terminale, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire (OQTF)

De Saint-Aubin-du-Cormier à Rennes en courant

Depuis le 5 octobre, ils bloquent le lycée pour demander le réexamen de son dossier par les services de l’État. Cette OQTF lui a été notifiée le 31 juillet 2025. Malgré plusieurs recours, elle demeure en vigueur et la date butoir, le 23 novembre 2026, approche. Après un premier rendez-vous avec la préfecture le 6 octobre, le collectif n’a obtenu aucun retour. La préfecture d’Ille-et-Vilaine, elle, rappelle que la situation de Vassiriki Doumbia « a fait l’objet d’examens rigoureux successifs par les juridictions administratives, dont les décisions, à savoir le rejet de sa requête par la cour administrative d’appel de Nantes, s’imposent à l’administration ».

Les soutiens du jeune Ivoirien ont donc décidé de mener une nouvelle action, ce jeudi. Dans la matinée, ils sont partis, en courant, du lycée agricole, pour rejoindre les locaux de la préfecture, boulevard d’Armorique à Rennes, soit environ 30 km, pour déposer une nouvelle demande pour leur élève de 21 ans d’origine ivoirienne.

« Vassiriki est juste un élève juste génial »

« Vassiriki est juste un élève génial, aidant, souriant, volontaire. Il est impossible de ne pas se battre pour lui. Tous les enseignants se sont mobilisés, on n’a jamais vu ça ici », pointe Maxime Lechartier, un de ses enseignants. « Cela fait cinq ans qu’il est dans cet établissement. Il a tout ce qu’il faut pour être intégré et inséré. Son parcours scolaire est exemplaire, ajoute Christophe, professeur d’agronomie. Il a d’abord passé un CAP agricole, qu’il a eu avec mention très bien. Aujourd’hui, il est en Terminale et doit passer un Bac Pro aménagement paysager. C’est quelqu’un qui travaille et qui est soutenant pour ceux qui sont en difficulté ».

Laurence Ory, son ancienne professeure en CAP, désormais dans un autre établissement, est là aussi. « C’est un élève qui a soif d’apprendre, soif de s’en sortir. Si ça se terminait comme ça, ce serait vraiment du gâchis. En plus, la filière aménagement paysager est en tension. On ne trouve pas de jeunes qui veulent s’y investir parce que c’est un métier difficile. Et Vassiriki, quand on le met en activité, il est toujours volontaire. C’est pour cela que les collègues se mobilisent autant ».

« Que je puisse continuer mon aventure ici »

Présent devant la préfecture avec ses soutiens Vassiriki Doumbia se dit « touché en plein cœur. Voir tout ce monde montre mon intégration depuis des années. J’aimerais pouvoir dire à madame la préfète de régulariser ma situation pour que je puisse continuer mon aventure ici avec les gens que j’aime. » Arrivé seul en France en octobre 2021, à 16 ans, il avait intégré le lycée professionnel bretillien en 2022. Sans nouvelles de son père, et alors que sa mère est décédée lorsqu’il avait six ans, il n’a plus d’attaches familiales dans son pays d’origine.

« Personne ne l’attend en Côte-d’Ivoire, observe Christophe. Lors de ses stages, il a réussi à convaincre ses employeurs de le garder. Sa vie est en France désormais ». Car une fois qu’il aura son Bac Pro en poche, Vassiriki Doumbia sait déjà ce qu’il fera. L’entreprise au sein de laquelle il est en alternance lui a déjà promis un CDI à temps plein. Une promesse d’embauche en suspens. Car pour lui, le temps presse désormais.