« L’illusion d’être mieux lotis que dans le public » : la CGT dénonce une évolution négative dans l’enseignement privé en Bretagne
La CGT de l’enseignement privé de Bretagne n’est pas tendre sur la situation dans ce secteur, en cet automne 2026. Ce vendredi 16 octobre, elle égrenait devant la presse les problèmes qu’elle voit se développer. « Les élèves ont le sentiment d’être mieux lotis que dans le public mais c’est une illusion qui vient des parents et des directions d’établissements », estiment-ils.
Bénédictions de cartables
Classes surchargées (« 30 élèves en lycée professionnel, c’est clairement trop », indique une enseignante), locaux pas toujours adaptés ou dégradés, précarité… « Nous sommes payés par l’État, nous sommes là pour enseigner les programmes de l’État. On respecte la religion mais cela tourne parfois à la bigoterie ! », clament-ils, prenant l’exemple des bénédictions de cartables. Ils en appellent au rectorat pour faire respecter la liberté de conscience, jugent que l’enseignement se veut de plus en plus religieux, avec des messes aux horaires des cours, qu’on les pousse à faire une 25e heure (en primaire) pour compenser… Enfin, ils racontent que, chez les élèves, il y a d’importants problèmes de racisme, d’homophobie, de sexisme. Ce qui corrobore des témoignages que Le Télégramme a recueillis, ce jeudi, à Brest, auprès d’élèves qui manifestaient.
De son côté, la direction régionale, sollicitée, répond par l’intermédiaire de Christophe Geffard, du comité académique de l’enseignement catholique de Bretagne. Concernant les locaux, « nous avons été surpris, comme dans le public, par les conséquences des canicules et c’est un travail de longue haleine, avec les moyens qu’on nous donne ».
« Pas d’atteinte à la liberté de conscience »
« Les enseignants qui travaillent dans l’enseignement catholique sont là pour faire leur métier mais ils sont aussi dans un réseau, un projet spécifique avec ses caractéristiques propres », ajoute-t-il. « Il n’y a pas de cours pendant le temps des messes et ce n’est pas compris dans les 24 h à effectuer au minimum. Il n’y a pas d'atteinte à la liberté de conscience, parce qu’on n’oblige pas les gens à faire un acte de foi. La bénédiction du cartable, c’est fait pour dire du bien et, derrière, il y a les personnes dont on dit du bien. C’est une forme d’expression mais on n’oblige personne à y participer », insiste-t-il.
Concernant les discriminations entre élèves, il évoque les conseils de vie lycéenne, « un lieu de démocratie et d’expression collective : c’est plus facile de s’exprimer à plusieurs devant plusieurs personnes qu’en tête-à-tête. J’ai du mal à penser que la parole soit négligée : il y a une vraie proximité entre les élèves et les enseignants, les personnels de la vie scolaire, les directions. Tout est fait pour qu’on puisse libérer la parole », affirme encore Christophe Geffard.