Les départements des Yvelines et Hauts-de-Seine actent la disparition de leur établissement public commun

Par Alain Piffaretti
C'est la fin d'un outil institutionnel qui n'a pas tenu toutes ses promesses. Vendredi 16 octobre, les assemblées départementales des Yvelines et des Hauts-de-Seine ont voté la suppression de l'établissement public interdépartemental créé dix ans plus tôt pour rapprocher les deux collectivités. Sa dissolution prendra effet le 31 décembre 2026. En 2016, l'objectif de L'EPI est de mutualiser les moyens, rapprocher les politiques publiques et, à terme, préparer la fusion des deux départements de l'Ouest francilien. Las, le projet d'union finit par se heurter au refus de l'Etat de prendre le décret nécessaire à l'union. Privé de son horizon politique, l'EPI perd progressivement une partie de ses missions. « L'établissement public interdépartemental était une lourde machinerie devenue aujourd'hui inutile. C'était quasiment une coquille vide puisque nous avions créé au fil du temps d'autres instruments de coopération très efficaces pour mener des projets en commun », estime Pierre Bédier, président divers droite du conseil départemental des Yvelines, pour qui la disparition de l'établissement relève d'une évolution logique.
Le rapprochement se poursuit
« Un gros travail a été accompli en commun par les Yvelines et les Hauts-de-Seine durant ces dix dernières années. Celui-ci porte ses fruits et perdure, malgré la disparition de la structure », se félicite également Georges Siffredi, président LR du conseil départemental des Hauts-de-Seine. Tout le monde ne partage pas le même avis. « Tout ça pour ça », soupire notamment Jacques Timoteo, membre écologiste de l'opposition départementale des Hauts-de-Seine qui estime que l'idée de fusion était rejetée dès le départ par les populations. Au-delà des divergences politiques, tout le monde s'accorde cependant à reconnaître que les missions communes n'ont pas attendu la dissolution pour changer de cadre. Les deux départements ont progressivement privilégié des organismes spécialisés, jugés plus adaptés à la gestion quotidienne de leurs compétences partagées. C'est le cas, par exemple, de la voirie et de l'archéologie préventive. Créés en 2023, le syndicat mixte Seine et Yvelines Archéologie contribue depuis aux opérations d'aménagement des deux collectivités.Seine et Yvelines Voirie, de son côté, assure depuis 2025, la gestion de 1.910 kilomètres de routes, de 994 ouvrages d'art et de 1.051 carrefours sur les deux départements. A noter aussi l'agence Autonomy qui accompagne les politiques en faveur du vieillissement et du maintien à domicile ou encore Activity qui intervient auprès des personnes éloignées de l'emploi. Enfin un certain nombre d'autres organismes interdépartementaux oeuvrent aussi ensembles, dans le numérique, l'environnement et l'aménagement.