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Dans le Val-de-Marne, les pistes des communes pour affronter de nouveaux étés caniculaires

Les Échos · 16/10/2026 · ← revue

Par Audrey Guettier

Juillet 2026 est le mois le plus chaud jamais enregistré en France. Depuis la mise en place, en 1959, des relevés de Météo France dans le Val-de-Marne, « neuf des dix années les plus chaudes ont eu lieu sur la période 2003 et 2020, et sept sur la dernière décennie », constate une étude parue début octobre, réalisée par l'Observatoire de Grand Paris Sud Est Avenir (GPSEA). Le territoire - qui regroupe 16 villes dont Créteil et 320.000 habitants - veut donner à ses communes des armes pour agir : il publie un guide recensant les dispositifs existant pour rafraîchir les territoires en dehors de la climatisation. Selon l'étude, GPSEA comptera de plus en plus de journées et de nuits chaudes d'ici à 2050. Un constat qui, selon l'observatoire, « interroge sur l'accélération du réchauffement climatique […] et les mesures à prendre pour s'adapter ». Grand Paris Sud Est Avenir concentre de nombreux îlots de chaleurs au nord-est. C'est le cas pour les communes très urbanisées d'Alfortville, de Créteil et de Bonneuil-sur-Marne. Ces trois collectivités concentrent une forte population, des activités industrielles notamment sur le port de Bonneuil-sur-Marne, mais aussi un fort trafic routier. 92 % des bâtis sont postérieurs à 1945, avec une prédominance de période de 1971 à 1990. Une attention doit être portée sur le confort thermique lors des réhabilitations.

Une « approche systémique »

Au-delà du constat, l'étude liste les solutions qui existent pour atténuer les îlots de chaleur, adapter le bâti ou rafraîchir. Il suggère l'installation d'ombrières, stores, brasseurs d'air, revêtements clairs sur les toitures et les sols, et fournit des exemples. A Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), la mairie a opté pour des briques de terre crue et des bottes de paille pour construire son école, car la paille ralentit l'entrée de la chaleur. A Sucy-en-Brie (Val-de-Marne), une école maternelle a été réhabilitée avec du liège expansé pour l'isoler par l'extérieur. La végétalisation occupe une large place, qu'il s'agisse de cours d'écoles et d'immeubles, de façades ou même de toitures comme sur le centre de maintenance de la future ligne 15 sud à Champigny-sur-Marne. L'étude suggère que la reconquête des friches peut permettre verdir davantage : à Bonneuil-sur-Marne, l'Etat planche sur un parc de trois hectares et la plantation de 1.400 arbres. Créteil a déployé de nombreuses fontaines et brumisateurs pour ses habitants.A Chennevières-sur-Marne, une pépinière d'entreprises a, quant à elle, choisi des parkings drainant qui permettent l'évaporation lente de l'eau et le rafraîchissement des sols. Enfin, les collectivités peuvent aussi agir en aménageant les horaires, comme GPSEA l'avait fait en faveur de ses agents à l'été 2026. L'observatoire insiste sur la nécessité d'une « approche systémique » avec des solutions qui se combinent ensemble. « Par exemple, des arbres plantés sur des sols perméables et associés à des espaces ombragés offrent un effet de fraîcheur plus important que chacun de ces aménagements pris séparément », illustre-t-il.

Audrey Guettier