SONDAGE EXCLUSIF - Présidentielle 2027 : Glucksmann fait une percée, la deuxième place se joue dans un mouchoir

Une nette victoire dès le premier tour de la primaire socialiste et démocratique et une percée immédiate dans les sondages. Selon la troisième édition du baromètre PresiTrack réalisé par OpinionWay pour « Les Echos », les intentions de vote en faveur de Raphaël Glucksmann enregistrent une nette progression. Le candidat Place Publique et désormais soutenu par le Parti socialiste (PS) monte de 4 ou 5 points en fonction des scénarios. Dans un scénario avec Edouard Philippe pour seul candidat du bloc central, Raphaël Glucksmann atteint 15 %, à égalité avec le candidat Horizons qui perd 4 points et avec Jean-Luc Mélenchon qui recule de 1 point. Dans le cas où Gabriel Attal serait le candidat du bloc central, il atteint même 16 % (+4 points), devançant le leader Insoumis de 1 point et se retrouvant au second tour face à Marine Le Pen.
Conserver cet avantage
« Il y a vraiment un effet boost en faveur de Raphaël Glucksmann. Il est même plus fort qu'attendu puisque le mouvement lycéen affaiblit les deux candidats du bloc central, Gabriel Attal et Edouard Philippe. Tout l'enjeu pour lui sera de conserver cet avantage », note Bruno Jeanbart, vice-président d'OpinionWay. Raphaël Glucksmann est prévenu. Une percée sondagière à l'automne ne garantit rien pour la suite. Fin 2016, Benoît Hamon, vainqueur de la primaire socialiste, avait, lui aussi, connu une forte hausse dans les sondages avant de s'effondrer par la suite et de finir à 6 %. Le scénario avait été exactement le même pour Valérie Pécresse après sa victoire à la primaire de la droite fin 2021. Elle avait, elle aussi, connu une poussée avant de chuter et de finir sous la barre des 5 %.
Avance plus que confortable pour Le Pen
Marine Le Pen n'en continue pas moins de faire la course en tête. La candidate du Rassemblement national (RN) voit ses intentions de vote osciller entre 35 % et 37 %, ce qui la place largement devant tous les autres candidats avec une avance plus que confortable sur le suivant. Les accusations d'antisémitisme contre le président du RN, Jordan Bardella n'ont eu aucun effet sur l'électorat lepéniste, pas plus que la présentation, critiquée, de ses propositions en matière de finances publiques. « Les heurts constatés pendant les manifestations lycéennes lui sont favorables car ils ont pour conséquence une demande d'autorité et de sécurité. Par ailleurs, les accusations d'antisémitisme visant Jordan Bardella ne font pas bouger l'électorat de premier tour de Marine Le Pen, mais elles pourraient devenir un sujet en vue du second tour, quand il lui faudra rassembler plus largement et qu'elle aura en face d'elle un front anti-RN », estime Bruno Jeanbart.
Philippe et Attal en baisse
En revanche, la situation est moins enviable pour les deux candidats issus du macronisme, Edouard Philippe et Gabriel Attal. D'abord, ils encaissent les conséquences de la crise des lycées, qui met en relief le bilan de la majorité sortante. Après la crise des carburants, celle des lycées vient jeter un regard cru sur le bilan d'Emmanuel Macron. Après la présentation de son projet de réforme des retraites, Edouard Philippe paie comptant le prix d'une réforme impopulaire. Il perd 4 points s'il est le seul candidat du bloc central, pour tomber à 15 %. Il est loin de s'imposer naturellement comme il le souhaite. Cette méforme du candidat Horizons ne profite en rien à Gabriel Attal. Malgré une campagne très active pendant laquelle il ne cesse de dérouler des propositions, il perd 3 points à 11 % s'il est le seul candidat du bloc central, distancé à la fois par Jean-Luc Mélenchon (15 %) et par Raphaël Glucksmann (16 %). Le candidat Renaissance peine à être audible dans les foyers, à imposer ses thèmes et à convaincre, alors que plus d'un Français sur deux (55 %) déclare aujourd'hui s'intéresser à la campagne. « Gabriel Attal pâtit de la montée de Raphaël Glucksmann. Le candidat Place publique va chercher des soutiens dans son électorat. Gabriel Attal se retrouve coincé entre Edouard Philippe à sa droite et Raphaël Glucksmann à sa gauche », ajoute le sondeur.
Retailleau ne décolle pas
Pour Bruno Retailleau, rien ne bouge. Le candidat des Républicains reste toujours coincé sous la barre des 10 % avec des intentions de vote oscillant entre 7 % et 9 %. « Il ne décolle pas et cela laisse potentiellement de la place à quelqu'un d'autre. Certains pourraient se dire qu'il faut changer de candidat à droite », estime Bruno Jeanbart. Les autres candidats ne connaissent pas de variation importante. A gauche, Jean-Luc Mélenchon reste solidement accroché à la barre des 15 %, mais la percée de Raphaël Glucksmann ne fait pas ses affaires dans la perspective d'un vote utile à gauche. Marine Tondelier (Les Ecologistes) et Fabien Roussel (PCF) restent plantés sous les 5 %. Plus à droite, autant Eric Zemmour (4 %) que Nicolas Dupont-Aignan (2 %) peinent à se faire une place dans l'ombre de Marine Le Pen.