Revue de presse

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« Pourquoi s’arrêteraient-ils ? On ne leur a rien donné ! » : à Quimper, des parents partagés face aux blocus des lycées

Ouest-France · 15/10/2026 · ← revue

Comme dans le reste de l’Hexagone, la mobilisation lycéenne se poursuit à Quimper (Finistère). Jeudi 15 octobre 2026, après le blocus puis la fermeture du lycée Auguste-Brizeux – Chaptal et Cornouaille ont également recours à l’enseignement à distance – un petit cortège improvisé a gagné le centre-ville, où leur progression a été stoppée par les forces de l’ordre. Près d’un mois après son lancement pour réclamer de meilleures conditions d’études, le mouvement est diversement apprécié par les parents quimpérois.

Une « minorité très bruyante »

Il est temps que ça s’arrête, estime Sandrine (*), dont le fils est scolarisé en classe de seconde au lycée Brizeux. Il se satisfait assez de la situation, qui lui permet de sécher les cours et de profiter d’une autre expérience avec ses camarades, avance-t-elle. La mère souligne les très bonnes conditions d’apprentissage proposées par l’établissement. Assez désemparée, elle voit, malgré tout, dans cette mobilisation, l’occasion pour son fils de découvrir ce que c’est de porter une mobilisation sociale. Mais j’ai l’impression que le mouvement se radicalise. Et il ne tente pas de lutter contre une réforme en particulier, donc je n’en vois pas la fin, s’inquiète Sandrine, qui dénonce les agissements d’une minorité très bruyante.

C’est une minorité qui organise le blocus, estime Nicolas. Posté à quelques mètres de l’entrée du lycée Auguste-Brizeux depuis 7 h 30 ce jeudi, il observe les manifestants, assis sur la chaussée. Quelques voitures se faufilent entre les groupes de jeunes pour remonter la rue. La fille de Nicolas discute avec certains de ses camarades avant de rejoindre son père. Ce matin, il a décidé de l’accompagner à l’école pour la protéger et l’aider à passer la chaîne humaine formée pour empêcher l’accès à l’établissement. Ils ont des revendications et ils ont le droit. Mais je veux qu’on laisse les élèves aller en cours. C’est triste d’en voir pleurer parce qu’ils ne peuvent pas rentrer, déplore Nicolas.

« J’aime cet état d’esprit »

Si un mouvement ne dérange personne, il ne sert à rien et personne n’apportera de réponse, répond Marie Prigent. La mère d’une élève de seconde comprend la poursuite du mouvement. Elle a même accompagné les jeunes Quimpérois lors de la mobilisation du 6 octobre. Pourquoi s’arrêteraient-ils ? On ne leur a rien donné. C’est la faute de l’irresponsabilité des adultes, observe-t-elle. La mobilisation des lycéens lui semble tout à fait logique et légitime, y compris au lycée Brizeux. Ils sont 34 élèves dans la classe de ma fille. Elle est perdue dans la masse. En cours d’espagnol, ils ne sont que 21. Elle voit la différence.

Comme Nicolas, Luc (*) fait face aux manifestants qui bloquent l’entrée du lycée Brizeux. Le riverain est aussi le père de l’une d’entre eux. J’aime cet état d’esprit de défense des intérêts collectifs, lance-t-il. Ma fille continue à bosser, mais je lui ai conseillé de voir ce qu’est un mouvement collectif. Je lui ai simplement dit de rester à distance et de ne pas provoquer les forces de l’ordre.

*Le prénom a été modifié