Sous pression, cet artisan litier des Côtes-d'Armor cherche le rebond

Reprendre la main sur les ventes et trouver de nouveaux relais de croissance. C'est le double chantier engagé par Adrien Michel pour sortir de l'ornière. Basé à Yffiniac, dans les Côtes-d'Armor, lefabricant de matelas, sommiers et têtes de lit a été placé en redressement judiciaire le 30 septembre par le tribunal des activités économiques de Saint-Brieuc. Avec un chiffre d'affaires compris entre 6 et 7 millions d'euros, la société anticipe un recul de l'ordre de 10 % en 2026. Arrivé à la direction générale fin juin, François Papini a rapidement vu la situation se dégrader. « La perte de trafic s'est accentuée, notamment entre mai et septembre », explique-t-il. Face à cette érosion, qui pèse sur les ventes et la trésorerie, le dirigeant a choisi de placer l'entreprise sous protection judiciaire. La période d'observation de six mois doit lui permettre de déployer ses mesures et d'en évaluer les premiers effets.
Miser sur le conseil en magasin
Premier levier : redynamiser le réseau de dix magasins répartis en Bretagne et, pour l'un d'entre eux, en Vendée. L'entreprise mise sur des opérations commerciales, une communication renforcée et une refonte de son site internet pour mieux orienter les internautes vers ses points de vente. « Notre métier, c'est de conseiller le client pour l'achat de son matelas. Nous ne voyons pas comment prétendre le conseiller sur son sommeil sans lui faire essayer le produit », souligne François Papini. Face aux matelas vendus en ligne à bas prix, la PME, créée en 1962, entend donc défendre son modèle : une fabrication française et un accompagnement en magasin. Elle mise sur ce savoir-faire pour préserver sa place sur un secteur sous pression.
Faire du B2B un relais de croissance
Autre chantier, le marché professionnel. L'entreprise entend désormais faire du B2B un véritable axe de développement, alors que cette activité s'est jusqu'ici construite au gré des opportunités. Elle réalise, notamment, des matelas sur mesure pour deux aménageurs de camping-cars. Elle fournit aussi des gîtes et quelques petits hôtels. « Nous avons des savoir-faire et des capacités qui ne sont pas encore pleinement exploités », estime François Papini, qui veut structurer la prospection auprès des hébergeurs et des professionnels. Reste à convertir ces initiatives en chiffre d'affaires. Dans l'immédiat, la direction exclut de toucher aux 62 emplois et au réseau de magasins. François Papini se dit confiant dans les leviers engagés, même s'il reconnaît que le contexte reste difficile. « Aujourd'hui, on règle les voiles sur l'existant » avant d'activer de nouveaux moteurs de croissance, résume-t-il.