"On doit agir vite" mais "l'humain avant tout" : le nouveau cap fixé par le maire de Saint-Brieuc

La revitalisation du centre-ville de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), les impératifs sociaux et écologiques, le maintien de l’ordre, l’habitat ou encore la connexion aux vallées ne sont pas oubliés, d’autant que la nouvelle municipalité estime que 30 % de son programme est déjà en cours de réalisation.
« On dessine un cap »
Mais les quatre chantiers à l’ordre du jour sont, à en croire le maire Victor Bonnot, particulièrement vitaux pour « prendre soin de la ville » et surmonter « la situation budgétaire terrible » dans laquelle elle se trouve. « Pour cela on dessine un cap. » On ne peut pas rester les bras ballants face à l’urgence. On doit agir vite mais sans se précipiter. Les objectifs affichés sont clairs : « mieux maîtriser les dépenses de fonctionnement, rationaliser les investissements, réduire l’endettement et retrouver de l’oxygène ». La méthode et le calendrier : exposer les enjeux et le cap fixé dès à présent, ajuster les lignes directrices avec de la consultation et des échanges courant 2027, mettre en œuvre dès 2028.
De 20 à 14 écoles
Le sujet a déjà fait couler beaucoup d’encre : six écoles publiques sur 20 fermeront d’ici la fin du mandat. Quatre d’entre elles deviendront de nouveaux « pôles éducatifs, mais pas comme on a pu l’entendre des écoles usine. Il ne s’agit pas d’avoir des classes de 30 élèves. On veut définir des projets à hauteur d’enfant. » L’adjointe à l’éducation, Jennifer Le Du, abonde : « 2 651 élèves à la rentrée de septembre 2026, c’est 140 de moins que l’an passé et 400 de moins qu’en 2017. C’est une réalité démographique. » Autre réalité : l’état alarmant des 35 000 m2 de locaux que cela représente. « Nous voulons rénover en profondeur, végétaliser les cours, fermer les bâtiments modulaires et ouvrir des classes, améliorer les conditions de travail des agents et des enseignants. Mais aussi améliorer les mobilités et sécuriser les rues des écoles. » Pour cela, une enveloppe de 30 millions d’euros est fléchée vers la rénovation des 14 écoles restantes. Coup d’envoi de ce chantier colossal au cours de l’été 2028.
1 502 associations
Sur les 1 502 associations que compte Saint-Brieuc, 250 sont subventionnées et la Ville dépense 10,3 millions d’euros pour les soutenir. Un budget global qui sera revu à la baisse mais s’accompagnera d’un « nouveau pacte associatif ». L’adjointe aux sports et à la vie associative, Isabelle Imbert, promet d’avancer « avec équité, transparence et réalisme ». Des états généraux seront l’occasion, le 9 novembre 2026 à La Passerelle, de faire le point sur de possibles mutualisations notamment. Comme pour les écoles, « le bâti est en mauvais état, le sparadrap ne suffit plus, certains équipements pourront être rénovés, d’autres devront fermer. » Il faut tout remettre à plat, il y a des choses qu’on ne peut plus accepter. Côté sports, avec un livre blanc en cours d’élaboration, « on a des pépites dans tous les domaines. On souhaite mettre l’accent sur la professionnalisation et la féminisation. »
919 agents municipaux
Sur 919 agents municipaux et 85 agents du CCAS, qui exercent 121 métiers différents, près d’un tiers pourraient partir en retraite d’ici 10 ans. Pas question, donc, de licencier qui que ce soit. Au contraire, il faudra même recruter et pour cela offrir un cadre attractif. « Le service public briochin fait face à de vrais défis », estime Boris Guillou, adjoint aux finances, à l’administration et aux ressources humaines. Ce dernier entend « moderniser l’organisation, revoir les modes de gestion en sortant du tout régie, renforcer les services prioritaires où parfois certains postes ne sont pas pourvus, et mieux protéger nos agents en matière de mutuelle et de prévoyance. » On n’a pas une logique comptable, c’est l’humain avant tout.
370 bâtiments publics
Encore quelques chiffres : 370 bâtiments répartis sur 194 sites, 210 000 m2 de surface, 1,6 million d’euros de facture énergétique en 2025. « Il nous faut tenir un langage de courage et de vérité », considère Raphaël Le Méhauté, adjoint à l’habitat, l’urbanisme et le patrimoine public, qui propose d’élaborer « une feuille de route pour le pilotage de ce grand navire ». Sur la base d’un schéma directeur immobilier énergétique déjà réalisé par l’ancienne municipalité, l’équipe actuelle entend « optimiser les dépenses en réduisant les coûts de fonctionnement et de maintenance, tout en améliorant la qualité de service et en s’adaptant aux évolutions climatiques ». Tous les équipements indispensables au bon fonctionnement des services à la population seront remis à niveau. Des travaux seront planifiés dans le cadre d’un plan pluriannuel d’investissement. Le recours au photovoltaïque fait partie de la feuille de route. Et des biens pourraient être mis en vente, à l’instar de la colonie Jean-Nicolas située à Erquy, ou rétrocédés à la Région ou au Département lorsque les équipements entrent dans le périmètre des lycées ou des collèges. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.