Présidentielle 2027 : la journaliste et essayiste Natacha Polony se déclare candidate pour « prioriser la production française »

Par Les Echos
C'est sur France Inter, ce mercredi matin, que l'essayiste à la ligne souverainiste Natacha Polony a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle. L'ancienne directrice de la rédaction de « Marianne » vient allonger la liste des prétendants en se déclarant candidate « pour rassembler les orphelins de la politique ». Natacha Polony propose « une politique de production » en privilégiant les entreprises qui produisent sur le sol français. Pour « sortir de la spirale d'appauvrissement dans laquelle nous sommes », elle veut « prioriser la production française dans la commande publique » car « ça recrée de l'activité et ça permet de faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat », dit-elle. Elle propose également de « supprimer toutes les aides aux entreprises qui ne sont pas conditionnées à la production sur le sol français ». Elle entend ainsi remédier à la « perte totale de rang de la France sur les questions économiques, sur notre indépendance, sur la souveraineté », dit-elle.
Une première expérience avec Jean-Pierre Chevènement
La journaliste a reconnu qu'il y avait déjà « beaucoup de candidats » mais « ça n'a absolument pas débloqué la situation ». Elle avait annoncé début septembre se lancer en politique et initier un mouvement pour « perturber l'entre-soi ». Un mois et demi plus tard, la directrice de la revue « L'Audace ! » revendique avoir attiré 60.000 sympathisants. Interrogée sur sa capacité à réunir les 500 signatures de maires nécessaires pour concourir à la présidentielle, l'ancienne chroniqueuse de Laurent Ruquier dit avoir reçu de nombreux témoignages de sympathie de la part d'élus. VIDEO - Combien coûtent à l'Etat les élections présidentielles et législatives ? Cette agrégée de lettres modernes, brièvement enseignante, s'est déjà engagée en politique aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, jusqu'à se présenter aux élections législatives en 2002 à Paris (elle avait réuni 2,24 % des suffrages exprimés).
De gauche
Parfois taxée de « réac », Natacha Polony dit défendre une ligne souverainiste et pro-laïcité et se décrivait comme « franchement de gauche, d'une gauche qui n'a pas abandonné l'idée du socialisme », en 2021 à « Arrêt sur images ». Cette rousse ébouriffée au caractère trempé s'est fait connaître comme bretteuse dans l'émission « On n'est pas couché » de Laurent Ruquier sur France 2 entre 2011 et 2014, et est devenue une habituée des plateaux télé, de LCI à BFMTV en passant par France 5. Cette touche-à-tout est l'autrice de plusieurs essais dont, dès 2007, « M(me) le Président, si vous osiez 15 mesures pour sauver l'école » (Mille et Une Nuits) et le dernier en mai, « La France corps et âme » (Plon). La polémiste avait pris la tête de la rédaction de l'hebdomadaire « Marianne » en 2018, après son rachat par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Mais la ligne éditoriale qu'elle défendait - souverainiste, laïque offensive, mais aussi antilibérale en économie et critique des élites - avait poussé Daniel Kretinsky à la remplacer par Frédéric Taddeï fin 2024.
Polémiques
Natacha Polony, née le 15 avril 1975 de parents médecins et tenant son prénom de leur passion pour Tolstoï, a grandi dans le Val-d'Oise, avant de commencer sa carrière de journaliste à la rubrique éducation de « Marianne » de 2002 à 2009, puis de passer au « Figaro ». Très engagée sur les questions éducatives et sociétales, elle a également fondé en 2015 son propre laboratoire d'idées, le Comité Orwell, puis a lancé en 2017 sa web télé, un temps appelée « Polony TV ». Elle a connu quelques polémiques, comme en 2013 lorsqu'elle a tweeté « Leonarda de retour en France pour la Fashion Week », sous la photo d'une femme mendiant devant le métro, en référence à une jeune Rom dont la situation en France avait créé la polémique jusqu'au président François Hollande. Elle reconnaîtra plus tard « un trait d'humour pas très drôle ». En 2018 sur France Inter, elle déclare au sujet du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 qu'« on est typiquement dans le genre de cas où on avait des salauds face à d'autres salauds ». Cela lui a valu des plaintes d'associations pour contestation de génocide. Mais la cour d'appel de Paris l'a relaxée en 2023.