« On ne lâche pas » : une mobilisation des lycéens en baisse, mais des adultes qui se mobilisent en soutien à Guingamp
Comme dans le reste des Côtes-d’Armor, la mobilisation des lycéens a quelque peu marqué le pas, ce mardi 13 octobre 2026, à Guingamp, à l’occasion de cette nouvelle journée de manifestation, « Acte V » du mouvement national.
En tout et pour tout, ils n’ont été qu’une centaine au plus fort de la mobilisation, ce mardi matin, à occuper pacifiquement l’entrée du lycée Auguste-Pavie, où ils sont restés toute la matinée, sans désordre ni tentative de blocage. Pour la majorité, des élèves de l’établissement qui ne veulent pas que la lutte s’essouffle.
On ne lâche pas, on est motivé à continuer et à montrer qu’on est mature, qu’on peut le faire sans violence, résume une des lycéennes coordinatrices du mouvement local. C’est important d’être là pour être entendu du gouvernement, qu’il ne se dise pas que c’est bon, on va passer à autre chose sans rien avoir.
Il va falloir continuer à se mobiliser parce qu’on sait qu’après les vacances scolaires qui arrivent (du 17 octobre au 2 novembre), cela risque d’être plus compliqué de repartir, ajoute une autre. Le gouvernement compte sur ça.
Profs, parents d’élèves et représentants syndicaux en soutien
Parmi les revendications des lycéens : de meilleures conditions d’apprentissage, des emplois du temps allégés, davantage de professeurs, des infirmières là où il en manque et la suppression de Parcoursup, la plateforme qui revient dans toutes les discussions avec les lycéens et qui se retrouve dans la plupart des pancartes brandies devant les grilles de l’établissement.
Si la mobilisation a faibli par rapport aux dernières semaines, elle a néanmoins fédéré au-delà des lycéens, à commencer par les professeurs de l’établissement eux-mêmes qui, la veille au soir, s’étaient réunis pour signer un texte apportant leur soutien aux lycéens. Ils étaient une dizaine à se relayer ce matin devant l’établissement, au milieu des jeunes. Cela peut être compliqué financièrement de suivre une grève tout du long, donc on alterne entre ceux qui vont en cours et ceux qui viennent soutenir le mouvement, confie un professeur de français, heureux de poser avec certains de ses élèves qui ont confectionné une pancarte sur laquelle on peut lire : « Rimbaud nous l’a montré : être jeune c’est se révolter ». C’est au programme !, s’amuse-t-il. Avant de reprendre : Les problèmes d’effectif, Parcoursup… Finalement, leurs revendications sont les mêmes que les nôtres pour lesquelles on se mobilise depuis des années, donc c’est logique d’être là avec eux.
« On est très fiers de nos élèves »
Et pour grossir les rangs, aussi, quelques représentants de syndicats venus pour les lycéens au cas où ça chauffe, mais pas du tout pour faire les choses à leur place, et également des parents d’élèves venus soutenir leurs enfants. D’où des scènes qui ont mêlé les deux générations çà et là pendant la matinée : une danse bretonne collective, une minute de silence respectée pour Dominique Bernard et Samuel Paty, et jusqu’à une « battle d’aura » entre une élève et le proviseur Dominique Nguyen Duc Long venu s’assurer que tout se passait dans le calme, et qui a fini par se prêter au jeu.
On est très fiers de nos élèves, résume un membre de l’équipe éducative. Qu’ils soient aussi respectueux et responsables rend leur mouvement d’autant plus légitime. La dernière fois, ils ont même demandé des sacs-poubelle pour tout ranger à la fin…
Une jeunesse qui se mobilise et qui, pour certains rencontrés ce mardi, seraient favorables à se joindre à la journée d’actions prévue, samedi 17 octobre, qui devrait aussi connaître une déclinaison locale.