Mobilisations lycéennes : « une minorité détourne le mouvement », selon le préfet des Côtes-d'Armor

Huit tirs de lanceur de balles de défense (LBD), des recours aux gaz lacrymogènes et 44 interpellations. Dans un communiqué consacré au mouvement lycéen, la préfecture des Côtes-d'Armor livre son bilan des opérations de maintien de l'ordre depuis le 1er octobre. Elle distingue les manifestations et barrages filtrants des débordements constatés en marge de certains rassemblements. Le préfet estime que les images diffusées sur les réseaux sociaux et les dégradations constatées montrent qu'« une part minoritaire détourne le mouvement et cherche à le faire basculer dans la violence ».
Feux de palettes
Selon les services de l'Etat, des jets de fumigènes, de bouteilles en verre et de cailloux ont visé les forces de l'ordre. Des feux de palettes et de poubelles, ainsi que des dégradations de mobilier urbain ont également été signalés. Quatre manifestants ont été blessés, dont trois lycéens lors d'incidents avec d'autres élèves. Une quatrième personne a été incommodée par des gaz lacrymogènes. Quatre membres des forces de l'ordre ont aussi été blessés, avec plus de cinq jours d'interruption temporaire de travail (ITT). D'autres agents ont été atteints par des projectiles. La préfecture indique que les forces de l'ordre ont eu recours aux gaz lacrymogènes à plusieurs reprises et effectué huit tirs de LBD. Elle précise que ces tirs ont été réalisés par des agents formés, « dans des circonstances qui l'exigeaient », et estime que la force employée était adaptée aux situations rencontrées. La préfecture ajoute que tous les établissements scolaires ont pu rester ouverts depuis le début du mouvement.
Un usage de la force contesté
La semaine dernière, SUD Education 22 avait dénoncé une « répression » de la mobilisation et réclamé l'arrêt des poursuites contre les lycéens interpellés. La fédération costarmoricaine du Parti socialiste avait également soutenu les revendications des jeunes, tout en condamnant les violences et les dégradations. Dans son communiqué, le préfet rappelle que les consignes données aux forces de l'ordre visent à « garantir la liberté de manifestation et maintenir l'ordre et la tranquillité publique ». De nouveaux rassemblements sont annoncés samedi 17 octobre.