Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

« Si vous voulez les fiches de paie, on va bien rigoler » : à Brest, polémique autour des effectifs du cabinet du maire-président Stéphane Roudaut

Le Télégramme · 14/10/2026 · ← revue

L‘étincelle est venue d’une délibération aux apparences techniques. Pour tirer les conséquences d’un récent décret de juillet 2026 modifiant les grilles de la fonction publique, le conseil de Brest Métropole devait réactualiser, le vendredi 9 octobre 2026, le cadre de recrutement du cabinet de Stéphane Roudaut.

« Le signe d’un pouvoir qui se concentre »

Les chiffres inscrits noir sur blanc — quatorze collaborateurs et un plafond budgétaire annuel de 2,77 M€ — ont mis le feu aux poudres. C’est Claire Le Roy, élue de l‘opposition de gauche à Guipavas, qui a dégainé la première sur le volet financier. Sortant la calculatrice pour comparer la situation avec le dernier mandat du socialiste François Cuillandre, elle a fustigé une envolée des moyens : « Lors du précédent mandat, le cabinet ne comptait que huit collaborateurs. Six postes de plus, cela représente une hausse de 75 %, et 1 M€ supplémentaire », a-t-elle pointé.

Et l’élue guipavasienne d’interroger directement Stéphane Roudaut : « Les habitants voient déjà vos vidéos et vos publications se multiplier sur les réseaux sociaux. Combien de ces quatorze postes seront consacrés à votre communication personnelle ? ». Constatant que d’autres projets (boucle énergétique, budget participatif, aides à la rénovation) sont reportés à 2027, elle a asséné : « Un cabinet aussi important, c’est le signe d’un pouvoir qui se concentre et d’un manque de confiance envers ses propres élus et ses services ».

Une enveloppe maximale

La majorité s’est employée à déminer le terrain. Sur le nombre de collaborateurs, d’abord. Bruno Jaouen, le vice-président chargé des ressources humaines a indiqué que la collectivité pouvait monter plus haut (a priori vingt-deux) que ces quatorze postes. Sur le coût, ensuite. Il a précisé qu’il s’agissait d’une enveloppe maximale permise dans la fonction publique territoriale. « La dépense effective est nettement inférieure à la moitié de ce montant plafond », a-t-il assuré.

Dénonçant de son côté un « procès d’intention », le maire-président a contre-attaqué sur le terrain des rémunérations : « À ce stade, je n’ai pas quatorze collaborateurs dans mon cabinet. Mais ils sont nettement moins payés que ceux du précédent mandat. Si vous voulez qu’on vous fournisse les fiches de paie, en anonymisant, on va bien rigoler ! ». Piquée au vif, l‘élue socialiste Émilie Kuchel, qui siégeait dans l’ancienne majorité, est intervenue. « Quand on parle d’1 M€ de plus, le rôle d’opposition est de poser des questions, sinon à quoi on sert ? ».

L’opposition vote contre

En fin de débat, Stéphane Roudaut ayant invité ses opposants à regarder la rémunération de ses propres collaborateurs de groupe, Cécile Beaudouin, pour Brest Insoumise, a sauté sur l’occasion. « Notre collaborateur n’est pas du tout payé avec l’entièreté de l’enveloppe. On s’est demandé pourquoi. On n’a pas eu de réponse », a-t-elle fait remarquer. Ce point sera éclairci, a promis Stéphane Roudaut. En attendant, la délibération a été adoptée par la majorité métropolitaine, les groupes d’opposition ayant voté contre.