Revue de presse

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« Certains ont peur que leurs absences soient comptées » : en Bretagne, le mouvement lycéen s’essouffle mais garde le 17 octobre en ligne de mire

Le Télégramme · 13/10/2026 · ← revue

Les pancartes revendicatives étaient de sortie, mais en nombre nettement moindre. Dans la dizaine de villes bretonnes où c’était prévu, le mouvement de colère lycéen, même appuyé par les syndicats, a encore perdu un peu de ses troupes et de ses soutiens lors d’un acte V qui a rassemblé pas moins de 12 000 personnes, loin des 21 000 à 24 000 estimés lors de l’acte III, le 6 octobre, qui avait également agrégé parents d’élèves, enseignants et forces syndicales.

Il y avait bien quelques blocus matinaux, tel à Quimper et à Brest, où malgré un blocus à l’Harteloire et quelques poubelles brûlées devant l’Amiral Ronarc’h, la situation est restée assez calme. Vers Rennes, où six établissements restaient fermés ce mardi, il y a eu du reuz aussi, comme devant le lycée Emile-Zola. Mais les policiers (en nombre) ont veillé au grain, procédant à quelques interpellations en fin de journée.

Inquiétudes pour la suite

Des revendications demeurent portées pacifiquement ici et là, en faveur des lycéens, des étudiants ou des enseignants. C’était le cas partout, tel à Quimperlé (29), devant le lycée Roz Glas, où des propositions, inscrites sur papier, allaient des hausses de salaires des profs aux volets à réparer en passant par le manque de chauffage à l’internat ou la suppression de Parcoursup…

Mais cet acte V fut marqué par une plus faible présence des lycéens, dont la colère a porté le mouvement depuis mi-septembre. Gros dispositifs policiers, retard sur les programmes scolaires, pressions des parents… Autant de raisons qui expliquent cette démobilisation chez ces jeunes scolarisés. « Certains ont peur que leurs absences soient comptées pour Parcoursup, alors ils rentrent », relatait aussi un lycéen à Brest.

Des espoirs pour samedi

Les foules étaient ainsi en grande partie composées d’adultes. Les étudiants étaient pourtant venus prêter main-forte au mouvement, notamment à Rennes et Brest. Dans la cité du Ponant, la fac de sciences a été bloquée, en parallèle. Ailleurs, certaines actions sont arrivées à leur terme : à Lannion où, face à la fatigue des uns et l’inquiétude du retard de cours accumulé des autres, le blocus à l’IUT, qui durait depuis une semaine, s’est achevé ce mardi.

Brest, Saint-Brieuc, Lannion… L’appel à la mobilisation du samedi 17 octobre qui circule sur les réseaux sociaux, inspiré de « Bloquons tout » et des Gilets jaunes, est dans les têtes de nombreux mobilisés, notamment lycéens. La promesse - espérait un étudiant brestois - d'« un autre élan avec d’autres corps de métiers ». À l’issue d’une réunion briochine de mobilisés (peu nombreux), il était décidé de manifester ce samedi après-midi, sans que soient encore décidés les modes d’action futurs. Est-ce à dire que le mouvement de samedi ressemblera à cela ? Selon des sources sécuritaires bretonnes interrogées, la portée et la forme de celui-ci restaient encore dures à évaluer ce mardi.