Canoë-kayak. « On veut entretenir notre ADN » : à Cesson-Sévigné, les Poissons Volants ont su garder les pieds sur terre
Le bassin d’eaux vives de Cesson-Sévigné, rénové à hauteur de 4,5 M€ en 2023, s’apprête à accueillir pour la deuxième fois de son histoire les championnats de France élite de slalom et kayak-cross, du 15 au 18 octobre. Déjà hôte de la compétition trois ans plus tôt, le club cessonnais des Poissons Volants, qui avait passé ce premier test haut la main, sera de nouveau aux manettes de cette édition 2026. Une reconnaissance pour sa présidente, Julie Vigneau, qui s’efforce de conserver l’ADN de ce club à taille humaine, qui a fait éclore des champions tels que Titouan Castryck (vice champion olympique de kayak slalom en 2024 et champion du monde en 2025) et Mewen Debliquy (champion du monde U23 de canoë slalom) malgré sa centaine d’adhérents seulement. Entretien.
Julie, les championnats de France élite sont déjà de retour à Cesson, le bassin d’eaux vives est déjà devenu une référence ?
Un peu oui. En France, il y a quatre bassins de taille équivalente : Vaires-sur-Marne, là où ont eu lieu les Jeux olympiques (de Paris 2024), qui est d’un niveau international, puis Pau, Épinal et Cesson. Ce sont les quatre bassins qui peuvent accueillir de belles compétitions à n’importe quel moment de l’année. Ça s’était bien passé en 2023, les compétiteurs étaient contents, ça avait été une vraie fête. Le cahier des charges avait été respecté alors ils nous ont proposé de refaire la même chose cette année.
Cesson est devenu un lieu important du canoë-kayak français. Comment expliquer cette réussite ?
Quand on va tous dans le même sens, c’est plus facile. La municipalité est un grand acteur de cette réussite et nous apporte un grand soutien, en termes de logistique comme d’aide humaine. Sans cet appui, on reste un petit club car on a qu’une centaine d’adhérents au club des Poissons Volants. Ça nous aide à pouvoir proposer ce genre d’événements.
Ensuite, on essaie de trouver des bénévoles motivés. Certains viennent de compétition en compétition parce qu’ils trouvent ça sympa. Les familles de nos adhérents sont aussi sollicitées et on essaie de faire du lien avec d’autres associations.
« On n’est pas un club qui a vocation à grandir sans cesse »
L’organisation de ce genre d’évènements permet-elle au club de grossir ?
Je ne pense pas, en revanche, ça contribue à la renommée du bassin et du club. Nous, on ne constate pas davantage de demandes d’adhésion. On accueille des jeunes à partir de 7 ans pour les former en école de pagaie, mais chaque année, on n’a que douze places à proposer. On n’est pas un club qui a vocation à grandir sans cesse. On n’a qu’un seul salarié entraîneur et on est bien à fonctionner ainsi. On ne veut pas devenir plus grand.
Depuis les Jeux, on est néanmoins plein chaque année. On n’a plus ces phénomènes de « trous » dans certaines catégories d’âge. On arrive à assurer un gros niveau et c’est un fonctionnement qui est idéal pour nous.
Le club se tourne-t-il davantage vers l’accompagnement des jeunes vers le haut niveau ?
C’est l’un des objectifs de notre formation, qui est reconnue. On a le label École Française de Canoë-Kayak (EFCK) mais aussi le label « Club Performance » parce qu’on arrive à amener des jeunes vers le haut niveau. Et il ne faut pas oublier que sur le bassin s’entraînent également le Pôle Espoir et le Pôle France. Cette proximité permet à nos jeunes qui y vont de continuer à revenir s’entraîner au club. C’est important pour nous.
Qu’est-ce que la présence de champions comme Titouan Castryck et Mewen Debliquy apporte au club ?
Ils sont une source d’inspiration pour nos jeunes car ils ont l’occasion de les côtoyer. Voir Titouan, quand il nous fait le bonheur de revenir naviguer à la maison, c’est vrai que c’est cool. Ils ont des carrières très chargées mais quand ils le peuvent, ils reviennent. Mais ça reste suffisamment exceptionnel pour que ce soient des moments clés de la vie du club.
Ils sont aussi dans le partage avec les jeunes quand ils reviennent. Ils sont attachés à ce club de Cesson. Tous les ans, on essaie aussi de les mettre en valeur avec une « soirée des champions », où on invite nos partenaires, les jeunes du club et les familles.
Avec tout ce qui a changé à Cesson en trois ans, l’esprit du club est-il resté le même ?
Oui, il n’a pas changé. Les personnes qui étaient là il y a trois ou quatre ans et qui faisaient vivre le club sont les mêmes aujourd’hui. Il y a eu un peu de renouveau et c’est bien mais les bases restent les mêmes. On continue notamment à organiser des journées familiales et des moments conviviaux. C’est vraiment l’ADN de notre club et on cherche à l’entretenir. Notre taille nous permet encore de faire ça.
Qu’attendez-vous de ces championnats de France ?
Notre premier objectif, c’est que les compétiteurs soient satisfaits de l’organisation et que tout se déroule bien. On a maintenant des équipes d’expérience à la gestion de course, donc je ne suis pas très inquiète. Et si les athlètes cessonnais sont au rendez-vous avec de belles performances, ce sera parfait. Il y a trois ans, Mewen avait été champion de France élite en canoë hommes et Titouan était aussi sur les podiums. On verra ce que ça donne.
Pratique
Championnats de France élite de slalom et kayak-cross : du 15 au 18 octobre prochain. Le samedi, de 15 h à 17 h, se dérouleront les différentes manches de kayak-cross. Le dimanche, les demi-finales du slalom homme et femme auront lieu de 9 h à 12 h 30 et les finales de 14 h à 16 h.