Primaire de la gauche : après la victoire de Raphaël Glucksmann, Olivier Faure et François Hollande hors jeu ?
Raphaël Glucksmann désigné candidat de « l’espace social-démocrate » par la primaire PS - Place Publique, c’était hautement probable. Qu’il l’emporte dès le premier tour, moins. Mais qu’il distance son principal rival, Olivier Faure, de plus de 50 points (66,17 % des suffrages exprimés pour Raphaël Glucksmann contre 14,46 % pour Olivier Faure) est une vraie surprise.
La question de savoir si le premier secrétaire du Parti socialiste peut se maintenir après ce camouflet était sur toutes les lèvres dès le soir du dimanche 11 octobre. Il ne démissionnera pas pour autant. « Il n’en est pas du tout question, balaye Arthur Delaporte, député du Calvados et porte-parole du parti. Statutairement, il est premier secrétaire jusqu’au prochain congrès du PS et il a été très clair dès l’annonce des résultats. Il sera engagé aux côtés de Raphaël Glucksmann dans la campagne. L’enjeu, aujourd’hui, est de rassembler autour de notre candidat, pas de couper des têtes. »
Règlements de comptes, non. Revenir aux ambiguïtés d’hier, non plus. — Nicolas Mayer-Rossignol
Les adversaires d’Olivier Faure, au sein du Parti socialiste, sont sur la même ligne. « Je comprends que la question soit posée mais c’est secondaire. Olivier Faure a perdu, c’est un fait, mais en réalité il avait déjà perdu en juillet sur la question de la méthode » (primaire populaire ouverte ou primaire PS - Place Publique, telle que choisie par les militants) rappelle Nicolas Mayer-Rossignol sur le plateau de Public Sénat. Et après ? « Franchement, les querelles internes, on s’en fout », assure le maire socialiste de Rouen et premier secrétaire délégué du parti qui assure ne pas « demander la tête de qui que ce soit ». Il résume sa position en une formule : « Règlements de comptes, non. Revenir aux ambiguïtés d’hier, non plus. »
Une alliance avec La France Insoumise ? « La ligne est clarifiée »
Les « ambiguïtés d’hier », qui ont plané pendant les débats sur la primaire PS - Place Publique, c’est alliance ou non avec La France Insoumise, pour la présidentielle, voire les législatives qui suivront. Pour Raphaël Glucksmann ou Jérôme Guedj, c’est clairement non. Pour Olivier Faure, Emmanuel Maurel ou Ségolène Royal, moins. « La ligne est clarifiée par cette primaire, constate Nicolas Mayer-Rossignol. Olivier Faure doit respecter le mandat que viennent de trancher tous les citoyens qui y ont participé. Et je crois qu’il est sans aucune contestation possible. »
Le résultat est absolument clair, la ligne est fixée. Il n’y aura pas d’alliance avec la France Insoumise. — Raphaël Glucksmann
Raphaël Glucksmann enfonce le clou : « Le Parti socialiste n’est pas Renaissance ou la France Insoumise, c’est un parti démocratique avec des instances qui décident de manière collective, rappelle le candidat au micro de France Inter. Le résultat est absolument clair, la ligne est fixée. Il n’y aura pas d’alliance avec la France Insoumise. » Ni pour la présidentielle, ni pour les législatives qui suivront.
Raphaël Glucksmann tend la main à François Hollande
Reste la question François Hollande. L’ancien président de la République comptait sur un échec de la primaire et l’effondrement du candidat choisi dans les sondages pour se présenter à l’élection présidentielle. Le nombre de votants (plus de 120 000) et le résultat sans appel vont à l’encontre de ce pari. « François Hollande m’a félicité chaleureusement pour cette victoire », assure Raphaël Glucksmann en annonçant qu’il va lui parler. « Je veux qu’il soit dans notre équipe, je veux qu’il participe au combat commun. Je n’imagine pas qu’on puisse s’adonner à autre chose que l’intérêt général, et en particulier quand on a été président de la France comme François Hollande. »
La main est tendue. Pas sûr que l’ancien Président, qui s’est promis d’attendre la fin de l’année avant de se positionner, la saisisse tout de suite.