Revue de presse

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Au lycée Douanier-Rousseau, à Laval, les internes qui voudraient bloquer l’établissement invités à dormir ailleurs

Ouest-France · 12/10/2026 · ← revue

Alors qu’une nouvelle mobilisation des lycéens se profile, mardi 13 octobre 2026 à Laval (Mayenne), les familles des élèves internes du lycée Douanier-Rousseau ont reçu un courriel de la direction de l’établissement vendredi 9 octobre. Il y est écrit : Depuis le début du mouvement lycéen, nous constatons que de très nombreux élèves internes quittent l’établissement pour participer au blocage du lycée. L’internat est un service proposé aux familles afin de faciliter la scolarité des élèves, et non de perturber le déroulement des cours pour ceux qui souhaitent y assister librement.

La direction prévient : Si ce mouvement venait à se prolonger et que votre enfant maintenait son intention de bloquer le lycée, nous ne pourrions pas accepter cette situation. Par conséquent, il devra être pris en charge et hébergé chez son correspondant local, sur Laval, dès la veille et le jour même. Le correspondant local est un adulte désigné par les parents de l’interne, pour l’héberger en cas de besoin.

« Une forme de pression »

C’est une forme de pression sur les lycéens qui auraient envie de se mobiliser, s’insurge Stève Gaudin, secrétaire départemental de la fédération Force Ouvrière (FO) de l’enseignement en Mayenne. En réaction, FO, la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de la Mayenne et le Mouvement national lycéen (MNL) de la Mayenne ont adressé un courrier à la proviseure, dimanche. Une copie a été envoyée au directeur académique et au recteur. Ils demandent à la cheffe d’établissement de retirer immédiatement cette consigne.

Ce sont des menaces faites aux internes, car leurs parents payent l’internat, s’offusque Audrien Obreja, du MNL. On trouve que c’est culotté, sachant qu’ils se battent pour avoir plus de moyens pour l’établissement. Le MNL 53 rappelle que les exclusions d’internat doivent être décidées par sanction disciplinaire ou bien pour des raisons de risque de sécurité imminent. Marion Détais, présidente de la FCPE, abonde : Pour nous, ça ne revêt pas un caractère légal et les droits des élèves doivent être respectés. Ça constitue une violence institutionnelle : si vous n’êtes pas gentils, vous allez dormir dehors ».

La proviseure opposée au blocage total

La proviseure, Marie-Ange Pintard, dit vouloir appliquer un principe égalitaire entre les internes et les externes. C’est normal que les internes puissent sortir manifester mais il faut que les externes qui souhaitent assister aux cours puissent entrer, explique la proviseure, qui est opposée à un blocage total du lycée. Les internes disposent de droit d’aller et venir, pour se restaurer dans l’établissement. Je n’ai jamais refusé leur présence à l’internat. Mais ils ne peuvent pas entraver les autres. C’est pour ça que je leur suggère d’aller chez leur correspondant local. Ils devraient s’infliger à eux-mêmes ce qu’ils font aux autres.

Ce lundi soir, la proviseure a adressé un nouveau courriel aux parents d’élèves. Elle y réaffirme sa position sur l’hébergement à l’extérieur : Cela constituerait une mesure de bon sens, égalitaire, non assimilable à une sanction.