Revue de presse

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« On voit la souffrance » : l’école des travailleurs sociaux d’Angers bloquée par solidarité avec le mouvement lycéen

Ouest-France · 12/10/2026 · ← revue

Alors qu’au niveau national leur organisme de formation s’est joint à l’appel de mobilisation et si on s’arrêtait vraiment ? pour défendre les acteurs de l’action sociale face aux baisses des financements publics, les étudiants - apprenants de l’Arifts ont rejoint le mouvement social lancé il y a deux semaines par les lycéens, relayés depuis par les étudiants. Poubelles, palettes, pancartes, slogans, banderoles : les élèves de l’Arifts ont utilisé les recettes classiques pour bloquer leur établissement. Sans heurt, ce n’est pas le genre de la maison.

Première école des Pays-de la-Loire par sa taille, son histoire et son maillage géographique, l’école située en lisière du campus de Belle-Beille, à Angers, compte 570 élèves. Une grande majorité de femmes qui se destinent aux métiers d’éducateur spécialisé, assistant de service social, éducateur de jeunes enfants, moniteur éducateur ou encore accompagnant éducatif et social. On sent bien qu’il y a une vague autour d’un mal-être de la jeunesse et on saute sur l’occasion parce que cette souffrance, on la voit, ces gens qui galèrent, on y est confronté à travers nos stages. On voit bien que c’est compliqué pour la jeunesse de se faire entendre. On dit aux jeunes : on ne vous méprise pas, on écoute ce que vous avez à dire et on peut être les porte-paroles des gens en vulnérabilité, confient les « bloqueurs » sous le regard bienveillant de leurs enseignants.

Les durées de stage séquencées pour éviter une rémunération

Les futurs travailleurs sociaux se retrouvent en effet entre deux mondes avec un pied dans la formation en tant qu’étudiant et un pied dans la galère sociale et le monde du travail quand ils sont en stage auprès de telle ou telle structure comme l’APAJH (Association pour adultes et jeunes handicapés), l’APF France handicap, la Sauvegarde de l’enfance, le Secours catholique… Les politiques sociales nous impactent directement. Les publics vulnérables ont besoin de nous, disent encore Camille et Hugo, notamment.

Les apprenants de l’Arifts dénoncent aussi la réforme de leurs formations. Ils estiment qu’elles perdent en substance et en qualité au fur et à mesure des restrictions budgétaires. On se demande quel travail, quel accompagnement on finira par proposer ?, s’interrogent les étudiants dont les durées de stage ont été séquencées afin qu’ils ne soient plus rémunérés. Stages obligatoires qui deviennent aussi de plus en plus difficiles à dénicher. Aujourd’hui, certains ont des difficultés à financer leurs études (environ 800 euros par an sur trois ans), expliquent les élèves de l’Arifts. Sur le terrain, cette réforme va aussi gommer nos spécificités pluridisciplinaires qui font pourtant notre force, complètent les étudiants dont certains ont participé à l’assemblée générale intersyndicale de pré-manifestation ce lundi à la Faculté de lettres, langues et sciences humaines.

Après les différentes facultés de l’Université, dont Polytech et après l’Institut Agro, toujours bloqué, la convergence des luttes étudiantes a donc gagné l’Arifts.

« On est déjà 200 un vieux lundi tout pourri ! »

Réunie en assemblée générale ce lundi sur le campus de Belle-Beille, l’intersyndicale étudiante a décidé de bloquer la Faculté de lettres et langues ce mardi avant la manifestation dans les rues d’Angers.

Blocus or not blocus : telle était la question principale ce lundi dans l’amphi G plein comme un œuf de la Faculté de lettres, langues et sciences humaines de l’Université d’Angers. S’il n’y a pas blocus, louper les cours, c’est compliqué, dit un étudiant. Oui mais, quand il y a blocus, certains se recouchent et ne s’associent pas au mouvement, note un autre. Le vote à main levée a finalement décidé le blocus de la faculté de lettres et possiblement d’autres facultés mais également des interventions informatives en amphi ou en salle de TD. Il faut aussi faire un lien entre les étudiants et les travailleurs, propose un autre étudiant. Un tractage devant l’usine Valéo est envisagé. De même qu’un défilé avec des fleurs pour donner une meilleure image du mouvement que celle que donnent les médias de droite. On est déjà deux cents un vieux lundi tout pourri ! La manifestation peut s’étendre et faire le tour de la ville, s’enflamme un jeune homme à la tribune.

Dans le cadre d’un mouvement national, une nouvelle manifestation est programmée dans les rues d’Angers ce mardi (départ 14 heures, place du Ralliement), à l’appel des principaux syndicats lycéens, étudiants et enseignants.