Revue de presse

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« On ne peut pas commencer l’année en novembre », au lycée de Bouaye, la colère monte chez les parents

Ouest-France · 12/10/2026 · ← revue

Deux semaines après le début de la mobilisation lycéenne, des tensions commencent à poindre dans certains établissements scolaires. C’est le cas au lycée Alcide-d’Orbigny, à Bouaye, où la rentrée scolaire avait déjà été perturbée par une grève de l’ensemble des enseignants, réclamant (et obtenant) l’ouverture d’une classe supplémentaire en seconde.

Entre la grève des profs jusqu’au 8 septembre, puis le blocus des lycéens, mon fils a eu quinze jours d’école, pas plus. Mais on ne peut pas commencer l’année en novembre !, s’agace Géraldine Puiroux, parente d’élève. Lassée de ruminer sa colère seule dans son coin, cette mère de famille a créé un groupe WhatsApp, qui a rapidement fédéré de nombreux membres. Ce lundi 12 octobre, ils ont demandé à être reçus par le proviseur, Gwenaël Surel. Une pétition, réclamant le retour au lycée, avait recueilli 71 signatures, lundi soir.

Une ingérence, pour les lycéens mobilisés

Les lycéens têtes de pont de la contestation y voient une forme d’ingérence dans un mouvement qu’ils ne souhaitent pas voir repris par des adultes, régulièrement visés dans les manifestations pour leur manque de considération. Savez-vous au moins pour quelles raisons on se mobilise ?, interroge cette élève, avant d’énumérer les fuites dans la toiture, les emplois du temps à trou et les classes surchargées.

Mais pour ces parents lassés de voir les enfants se lever à midi »,cette mobilisation a trop duré. Il y a des établissements qui ont de vrais problèmes, mais franchement, ce n’est pas le cas de Bouaye, il ne faut pas exagérer ! glisse un père de famille. Ils fustigent également l’absence de continuité pédagogique et le fait que plusieurs élèves de seconde n’aient toujours pas accès à Pronote et, donc, aux contenus numériques.

54 % des lycéens en faveur du blocus

Quid des lycéens qui souhaitent reprendre le cours normal de leur vie scolaire ? Ils sont soumis à une forte pression de la part des leaders du mouvement, souvent très politisés. Mon fils n’y connaît rien à la politique et il ne vit pas très bien la situation »,confie cette maman.

À entendre ces parents, une majorité de lycéens seraient pris en otage par une minorité. Ce n’est pas ce que démontre le sondage (1) envoyé à l’ensemble des élèves de Bouaye, en fin de semaine, dans le cadre de la démocratie lycéenne souhaitée par le gouvernement. Il en ressort que 54 % des jeunes sont défavorables à la fin du blocus (24 % favorables, 22 % ne se prononcent pas). Au chapitre des améliorations souhaitées, les élèves interrogés ont cité les emplois du temps, le chauffage, les huisseries, les temps de restauration scolaire ou encore la vétusté des locaux »,cite le proviseur, Gwenaël Surel.

Entre des jeunes passionnés, ravis d’être entendus et convaincus que la révolution est proche, et des parents soucieux de retrouver le cours normal de leurs vies, cette crise est complexe à gérer pour les chefs d’établissement… qui attendent avec impatience le début des vacances, vendredi soir.

(1) 83% des élèves du lycée y ont répondu soit 943 élèves sur 1 136.