Revue de presse

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« Le risque va s’intensifier, y compris en Bretagne » : face au mouvement des sols argileux, les assureurs en appellent à la prévention

Le Télégramme · 12/10/2026 · ← revue

On sait que la Bretagne fait partie des régions les moins concernées par le risque de retrait-gonflement des argiles (RGA), qui peut provoquer des fissures sur les maisons et coûter très cher. Peut-on dire, pour autant, qu’elle est épargnée ?

Aujourd’hui, la Bretagne est relativement épargnée par le RGA si on la compare à d’autres régions de France métropolitaine. Cela ne signifie cependant pas qu’il ne faut rien faire car ce risque va s’intensifier à cause du dérèglement climatique, y compris en Bretagne. Dans ce contexte, les assureurs ont un rôle essentiel en matière de prévention.

Comment la profession agit pour prévenir les dommages ?

Les sinistres liés au RGA représentent souvent des situations difficiles à vivre pour les assurés car ce sont des dossiers complexes avec des travaux souvent importants. Ils ont un impact direct sur leur quotidien. Le coût est parfois supérieur à la valeur de la maison. Il faut donc trouver des solutions à la fois adaptées à chaque situation et qui puissent être industrialisées. C’est le sens du projet « Initiative Sécheresse » lancé en 2023 par France Assureurs sur 300 maisons au total.

Quels sont les enseignements de cette initiative ?

La prévention est un sujet clé et les solutions sont variées. On peut citer les écrans anti-racines, car un arbre peut pomper plusieurs centaines de litres d’eau par jour, ou encore la pose d’une membrane imperméabilisante autour de la maison. Rappelons aussi des gestes simples, comme l’entretien des gouttières. Toutes ces techniques contribuent à réduire la quantité d’eau qui peut s’infiltrer dans les sols argileux et les faire gonfler.

Pour être indemnisé, il faut que la commune soit reconnue en état de catastrophe naturelle. Tant que cette condition n’est pas remplie, rien n’est possible. Vous comprenez que ça puisse générer des frustrations chez les assurés ?

Oui, les assureurs le comprennent parfaitement. Ils sont eux-mêmes tenus d’appliquer la loi, qui conditionne en effet l’indemnisation des assurés à la parution d’un arrêté pris par une commission interministérielle dont ils ne sont pas membres. Il s’agit donc d’une décision de l’État. Une fois cette décision prise, les assureurs peuvent faire leur métier en indemnisant leurs assurés. Je veux cependant souligner que ce régime d’assurance des catastrophes naturelles permet, parce qu’il est obligatoire, une mutualisation très large et donc un coût modéré (40 euros par an en moyenne). C’est donc un très bon système qu’il faut absolument pérenniser alors que le dérèglement climatique et son impact s’aggravent. »