Revue de presse

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« Ça n’a aucun sens » : à Rennes, pourquoi les cours en distanciel pour les lycéens peinent à convaincre

Le Télégramme · 12/10/2026 · ← revue

Ce lundi 12 octobre 2026, une nouvelle semaine de mobilisation lycéenne débute, à Rennes comme dans de nombreuses villes de l’Hexagone. Avant la manifestation prévue ce mardi à la mi-journée, une dizaine de lycées étaient bloqués ce lundi matin dans la capitale bretonne. Pour les lycées fermés, l’Éducation Nationale a demandé aux professeurs de tout de même assurer des cours, en distanciel, comme à l’époque de la covid-19.

Une mesure qui a du mal à convaincre le corps enseignant. « Cela n’a aucun sens, affirme Matthieu Mahéo, professeur de français au lycée Anita Conti de Bruz et co-secrétaire académique du SNES-FSU Rennes. Cela pouvait avoir de la pertinence lors de la crise sanitaire car on savait que la situation allait durer et il fallait maintenir un lien avec les élèves. Mais là, il était impossible de préparer des cours en distanciel du jour pour le lendemain ».

« Impossible d’avancer dans le programme à distance »

Pour Philippe Melaine, référent départemental de ce même syndicat enseignant et professeur de SVT au lycée René-Descartes, à Rennes, le distanciel « répond davantage à une volonté de rassurer les parents et d’appuyer une communication politique. Depuis la période covid, les professeurs savent très bien qu’il est impossible d’avancer dans le programme à distance ».

Première difficulté : les cours en visio. « Les liaisons échouent souvent, tous les élèves ne disposent pas d’une connexion ou d’un équipement adaptés ou n’ont tout simplement pas le matériel pour imprimer les documents, ce qui génère de fortes inégalités, observe Philippe Melaine. Et puis, la visioconférence reproduit un cours magistral où l’enseignant ne sait pas qui suit réellement derrière l’écran. Pour des adolescents, c’est un contresens pédagogique car ils ont besoin d’interaction avec l’enseignant. »

Ne pas pénaliser les élèves qui se mobilisent

Faute de visioconférence, les enseignants misent plutôt sur « les révisions de notions déjà vues en cours, raconte Anne, professeur d’espagnol au lycée Jean-Macé, à Rennes. En langue, vous imaginez la difficulté de faire cours à distance étant donné que beaucoup de choses se font à l’oral. On donne juste quelques devoirs pour ne pas perdre les acquis. On venait de terminer un cycle lorsque la mobilisation a débuté. On ne va pas en commencer un nouveau dans ces conditions. On donne juste assez pour garder le lien ».

Yannick, qui enseigne la physique-chimie dans le même lycée, fonctionne, lui, « a minima. On essaie de rester neutre entre certains parents qui demandent beaucoup de travail pour leur enfant et d’autres qui soutiennent le mouvement ». Pour les enseignants, l’enjeu est aussi là, ne pas pénaliser les élèves qui se mobilisent. « L’Éducation Nationale veut faire de ces élèves des citoyens, note Matthieu Mahéo. Là, on est sur un vrai cas pratique. »