Présidentielle 2027 : à Dijon, Edouard Philippe et Gabriel Attal appellent au rassemblement, sans dire comment

Valérie Pécresse les séparait place de la Concorde, le 26 septembre, lors de la messe du pape Léon XIV. Ce dimanche à Dijon, c'était au tour de Nathalie Delattre de jouer les pare-feu. La sénatrice et présidente du Parti radical était assise entre Edouard Philippe et Gabriel Attal à l'occasion du 126e congrès de son mouvement, organisé dans la capitale bourguignonne. Invités à s'exprimer à la tribune, les deux concurrents du bloc central à la présidentielle ont chacun leur tour appelé au « rassemblement », sans proposer de solution concrète, ni évoquer le même périmètre. « Je défends l'idée du rassemblement le plus large possible. C'est possible de le faire des sociaux-démocrates à la droite républicaine », a déclaré en premier Gabriel Attal, qui était en meeting samedi à Lyon pour tenter de relancer sa campagne.
Gabriel Attal « se démonétise »
Distancé par Edouard Philippe dans toutes les enquêtes d'opinion, le secrétaire général de Renaissance promeut désormais une telle coalition dans l'espoir de se démarquer du maire du Havre (Seine-Maritime). Car ce dernier ne jure que par un rassemblement de la droite et du centre, sans la gauche. « Ce rassemblement, nous en aurons besoin dans les mois qui viennent », a affirmé l'ancien Premier ministre Edouard Philippe après l'intervention de Gabriel Attal. Si le Havrais n'a pas explicité la méthode pour bâtir l'union, il a toutefois redit son opposition à l'idée d'une primaire. Un processus qui conduit chacun « à accentuer ce sur quoi il est très différent des autres », a-t-il dénoncé, alors que Gabriel Attal milite encore pour cette option. En privé, le maire du Havre estime que le match est plié et que plus le patron de Renaissance tardera à le rejoindre, moins il sera en position de force pour négocier des postes. « Plus le temps passe, plus il se démonétise », assure un proche du candidat d'Horizons.
La lettre d'Edouard Philippe
A la tribune, Edouard Philippe a aussi réaffirmé sa volonté de préparer les élections législatives qui suivront la présidentielle. « Elles sont la condition absolue d'une action politique à la hauteur des enjeux », a-t-il déclaré, deux jours après avoir écrit aux responsables de la droite et du centre pour leur proposer d'ouvrir des discussions début novembre. « Nous devons entamer ces échanges sans attendre. Sous l'ombrelle de personne. Sous l'autorité de personne. En laissant, bien entendu, chaque candidature prospérer », insiste Edouard Philippe dans cette missive adressée aux présidents de partis (François Bayrou, Bruno Retailleau, David Lisnard…) et aux présidents de groupes parlementaires (Laurent Wauquiez, Marc Fesneau, Mathieu Darnaud…). Une main tendue « pour préparer ensemble le quinquennat qui s'ouvre » que Gabriel Attal refuse, à ce stade, de saisir. « Evidemment qu'on doit se parler, qu'on doit travailler ensemble. C'est pour ça que j'ai proposé un comité de liaison il y a quelques mois », a affirmé le patron du parti présidentiel à Dijon, en référence à ce cadre de discussions, créé en mars dernier et qui réunit des représentants des différents partis du bloc central, mais pas au niveau des candidats. De se parler, il n'en a toutefois pas été question ce dimanche. Si Gabriel Attal a affirmé à sa sortie du congrès du Parti radical qu'il avait profité de l'événement pour échanger avec Edouard Philippe, l'entourage de ce dernier dément. « Ils se sont salués de manière chaleureuse, mais sans discuter en privé », indique un conseiller du Havrais. L'union attendra.