Revue de presse

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Contamination au cadmium à Rennes : notre journaliste a fait tester ses urines, voici le résultat

Le Télégramme · 12/10/2026 · ← revue

7 h, rituel immuable. Se lever, préparer le petit déj’, se doucher, convaincre une petite fille de 4 ans d’enfiler des vêtements adaptés à l’atelier motricité, partir pour l’école. Ce matin, notre famille a ajouté une étape à sa routine : uriner dans un flacon à bouchon rouge. Nous avons décidé de faire analyser le taux de cadmium dans notre corps, au laboratoire du coin de la rue. Compter minimum 15 jours pour les résultats.

Magazine curieux et (im)pertinent !

D’après les personnes de l’accueil, ce genre de demande est très rare. Pas étonnant : jusqu’à récemment, la contamination au cadmium ne faisait pas les gros titres. Sans compter le prix d’un test : 49 €. L’ampleur de la contamination à ce cancérogène dans la population française justifierait pourtant un dépistage de masse. Certes, une décision de l’Uncam (Union nationale des caisses d’assurance maladie) vient d’établir que ce dépistage serait désormais remboursé. Mais cela ne concerne que « les patients à risque », par exemple dans une zone très contaminée.

Contamination par l’alimentation

Donc, pas la Bretagne. Or Khalil Hanna, professeur à l’École nationale supérieure de chimie de Rennes, précise que « la principale source d’exposition est l’alimentation, pas les sols. Quand vous ou moi consommons des céréales le matin, on ne peut pas savoir si le blé a été produit dans une région riche en cadmium ».

Chez l’adulte, le risque d’atteinte rénale augmente progressivement au-delà d’une concentration urinaire de 1 µg/g de créatinine. Soulagement : nos résultats d’analyse sont bien inférieurs à ce seuil : environ 0,20 µg/g chacun. Sauf que notre fille affiche le même taux, malgré son jeune âge. D’après le labo, « ce résultat est rapporté à la créatinine personnelle, il n’y a pas de surexposition. » Difficile d’être rassuré. En 2025, un article du Monde pointait que « l’imprégnation moyenne du cadmium dans l’organisme (…) est de 0,28 μg/g chez les enfants, soit quatre fois plus qu’en Allemagne et quinze fois plus qu’au Danemark. »

36 % des moins de 3 ans dépassent la dose journalière tolérable. En 2022, un programme européen de biosurveillance a établi une nouvelle valeur guide pour les enfants de 10 ans ou moins : 0,1 µg/g de créatinine. À 4 ans, une petite Rennaise dépasse donc déjà ce seuil, hors de toute zone à risque.