Édito. Il va falloir voter ? Eh bien votons sans tarder
Ils risquent de nous sembler bien longs les 189 jours qui nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle. Bien longs et bien pénibles si notre pays continue d’être secoué de ces spasmes qui accompagnent une personne qui agonise.
Que peut-on attendre de ces prochains mois alors que le débat parlementaire sur le budget promet d’être au moins aussi chaotique que le précédent et que la France a sombré dans une abyssale crise financière ? Rien ou si peu dans ce climat politique nauséabond qui, d’un extrême à l’autre, est traversé d’appels à l’insurrection ou de promesses d’exclusion. Rien non plus quand la fièvre sociale promet davantage de s’étendre que de s’éteindre. Rien surtout tandis qu’Emmanuel Macron assiste à son propre crépuscule.
Il n’est malheureusement pas certain que le scrutin présidentiel permette de tracer un chemin et encore moins de réunir les conditions pour s’y engager. Les élections législatives qui pourraient lui succéder ne nous offriront peut-être pas plus d’espoir ni de visibilité tant le mal est profond. Mais puisqu’il n’y aura de toute façon pas d’autre issue que celle qui pourrait surgir d’un rendez-vous démocratique, ne tardons pas. Il va falloir voter, eh bien votons sans attendre ! Ne gaspillons pas davantage de temps.
Affrontons sans tarder la réalité électorale et demandons à Emmanuel Macron d’abréger son mandat. Six mois de plus ou de moins ne changeront pas grand-chose à son impopularité ni au jugement que la postérité portera sur son passage à l’Élysée. Mais six mois peuvent sembler une éternité lorsque notre pays ne cesse de s’abîmer lui-même et de s’enfoncer.
Les plus légitimistes d’entre nous pourraient regretter que le calendrier démocratique soit ainsi mis à mal par la démission du président de la République. Certes, mais après tout, les démocraties parlementaires qui nous entourent ne vivent-elles pas sous le régime d’élections régulièrement anticipées pour sortir d’une crise ou d’une impasse ? Elles ne se portent pas plus mal que nous.
(LIRE LE PRÉCÉDENT ÉDITO : Le mouvement lycéen ressemble à un bruit sourd qui monterait d’un gouffre profond)