En Bretagne, pourquoi parle-t-on encore de sécheresse début octobre ? Quatre graphiques pour comprendre une situation qui inquiète les autorités
Face à la sécheresse qui touche le Finistère, la possibilité d’un déclenchement du plan Orsec est sur la table d’ici le mois de novembre. Comment expliquer qu’une telle situation dure encore à l’heure des pluies d’octobre ?
1 Un déficit de pluie général depuis juin
Au jour le jour, le fait qu’il pleuve ou ne pleuve pas nous semble surtout une question de météo. Mais la pluie qui arrose nos rues et nos parapluies alimente, jour après jour, les stocks et flux d’eau que constituent les nappes, retenues d’eau et cours d’eau de la région. Or, depuis le début de l’été, le cumul de pluie tombé est beaucoup moins important que ce qu’il tombe, habituellement, sur la même période de l’année.
À Quimper, le cumul total de précipitations tombées entre le 1er mai et le 5 octobre est moitié moins important que la normale. Ce, malgré la première quinzaine pluvieuse de cette période.
Cette période très arrosée du mois de mai a repoussé le déficit à un peu plus tard à Saint-Brieuc ou Vannes. Mais dans presque toutes les stations bretonnes, le manque de pluie par rapport à la normale a continué de se creuser continuellement depuis juillet.
Jusqu’au milieu du mois d’août, l’absence de pluie a concerné presque toute la région, à l’exception du Léon qui a été arrosé de quelques millimètres de précipitations, comme le soulignait la Dreal Bretagne (Direction régionale de l’aménagement et du logement) dans son dernier bilan, début septembre. « À partir du 18 août, et jusqu’au 30, la région a été concernée par une succession de passages pluvieux d’étendue et d’intensité variables, avec parfois un caractère orageux très marqué », notamment les 26 et 27 août en Ille-et-Vilaine.
2 Des cours d’eau et nappes à sec
Au 1er octobre, le niveau des nappes était « bas » sur l’ensemble de la Bretagne. Une majorité de cours d’eau étaient également concernés par un débit absent ou faible. « Suite au déficit de précipitations enregistré au cours des sept derniers mois », soit de mars à septembre 2026, « l’état des ressources en eau souterraine de la région est défavorable », souligne le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bilan de septembre.
Des nappes qui se vident et des cours d’eau dont le débit réduit constituent une tendance logique, au cours de l’été et jusqu’au mois de septembre. Le niveau d’assec et de vidange apparaît cependant important après un été très chaud et sec et une période de baisse du niveau des nappes qui « s’est amorcée précocement depuis début mars 2026 ».
« L’état des retenues reste marqué par le rythme de vidange inhabituellement rapide que l’on note depuis le début de l’été, et les cotes actuelles voisinent les valeurs déjà rencontrées lors des récentes années sèches », soulignait la Dréal, au début du mois de septembre. La sécheresse des sols a par ailleurs atteint un niveau record, à la mi-août.
3 Une recharge des stocks qui se fait attendre
Si cette situation inquiète encore beaucoup, c’est que le retour à une amélioration tarde. Le 1er septembre marque le début de la saison de l’automne, du point de vue des ressources en eau. Les stocks sont censés commencer à se remplir : la période de recharge des nappes et cours d’eau débute à cette saison. Au cours du printemps et de l’été, l’usage humain et la végétation « vident » progressivement les stocks en puisant dans la ressource.
Or, après avoir commencé très tôt, dès mars, la baisse du niveau des nappes « s’est poursuivie jusqu’à fin septembre », pointe le BRGM dans son bilan de septembre sur les nappes d’eau en Bretagne.
Les pluies de la fin du mois de septembre ont bien contribué à interrompre momentanément cette baisse. Malgré tout, « la situation s’est dégradée par rapport à celle de fin août 2026, en conséquence du déficit de pluie enregistré en septembre ».