A Vitry-sur-Seine, les collectifs hostiles à la chaufferie interpellent les élus parisiens

Par Audrey Guettier
Mardi soir, ils étaient une centaine à fouler le parvis de l'hôtel de Ville de Paris pour demander l'annulation du projet de chaufferie « Thermo-sur-Seine », à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Cette infrastructure à 1,2 milliard d'euros doit permettre de verdir le réseau de chauffage urbain parisien grâce à l'incinération de 450.000 tonnes de CSR (combustible solide de récupération), un carburant à haute valeur calorifique issu de déchets non valorisables et recyclables. Le hic ? Cette chaufferie poserait ses bagages sur la commune de Vitry-sur-Seine, au sud de Paris, dans un quartier XXL en pleine mutation qui accueillera 20.000 habitants d'ici 2030. Or, cette chaufferie ne fait pas l'unanimité auprès des élus val-de-marnais, des riverains et des collectifs qui craignent pour la pollution de l'air et leur santé. La pétition portée par le département recense notamment 19.000 signatures et le président (LR) du territoire, Olivier Capitanio requiert l'abandon total du projet. « Nous demandons un moratoire sur le sujet », souhaite Thomas Dessalles, président du collectif « Affamons l'incinérateur de Créteil » qui s'oppose aussi au projet de Vitry-sur-Seine. En concertation publiquejusqu'au 1er novembre, « Thermo-sur-Seine » est l'une des composantes du vaste contrat décroché en décembre par Dalkia pour exploiter le réseau de chauffage urbain parisien. « Nous voulons une enquête pour en savoir davantage sur les conditions de ce contrat », demande Amélie Boespflug, membre du collectif Réduire, réutiliser, recycler (3R), présent mardi sur place.
« Expertise sanitaire indépendante »
Au Conseil de Paris, le projet « Thermo-sur-Seine » ne fait pas non plus l'unanimité. Ce jeudi, deux voeux ont été déposés. Emile Meunier, conseiller (LFI) du XVIIIe arrondissement de Paris a notamment proposé la mise en place d'une mission flash pour connaître le coût de l'annulation de « Thermo-sur-Seine » et anticiper le possible abandon du projet en raison « d'une forte résistance locale » en évaluant les alternatives possibles. La droite, quant à elle, a demandé « que l'évaluation quantitative des risques sanitaires annoncée soit la plus exhaustive possible ». Si les deux voeux ont été rejetés, la majorité a rappelé, via son adjointe au maire de Paris chargée de la transition écologique, Alice Timsit, « qu'aucun objectif de décarbonation […] ne justifiera jamais de transiger avec la vie des habitants ». Elle ajoute qu'elle a engagé « une expertise sanitaire indépendante » pour faire un état des lieux de la qualité de l'air actuelle et étudier les impacts de ce projet.