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En Ile-de-France, l'entrée des villes mobilise davantage l'attention des élus

Les Échos · 09/10/2026 · ← revue

Par Audrey Guettier

Une zone commerciale vieillissante, une halle couverte délaissée et fermée, le passage de l'autoroute A86, un ensemble immobilier vétuste… En arrivant depuis les Hauts-de-Seine, l'entrée dans la ville de Fresnes n'est pas des plus attractives. « Ce quartier se trouve dans un état critique », insiste Christophe Carlier, le maire (divers droite) de cette commune de 30.000 habitants du Val-de-Marne. Le quartier dit « du Moulin de Berny » attend d'être transformé depuis près de dix ans. Deux projets, portés par les équipes municipales précédentes en 2014 et 2019, ont été abandonnés. Un troisième projet est désormais sur la table avec la foncière Icade pour faire muter ce site moyennant 58 millions d'euros. Signée par l'ancienne maire de Fresnes, cette requalification prévoit la construction de 18.000 mètres carrés de bâtiments avec une extension de l'actuel supermarché, la création de 170 logements, dont une résidence seniors et des logements sociaux, ainsi que des espaces de loisirs. 3.000 m2 de bureaux sont également prévus et ont déjà trouvé des marques d'intérêt d'entreprises. Les travaux devraient démarrer à l'été prochain. « Avec ce projet, nous souhaitons augmenter l'attractivité de la commune et redynamiser ce quartier », ajoute l'édile, qui a néanmoins réalisé quelques modifications concernant la hauteur des immeubles et le geste architectural. Les nouveaux habitants arriveront dans une zone desservie par l'autoroute, mais aussi par un bus à haut niveau de service Trans-Val-de-Marne (TVM). Christophe Carlier aimerait aussi, dans un avenir plus lointain, que « ce quartier accueille une entrée de métro dans le cadre du prolongement de la ligne 4 ou de la ligne 5 ».

« Le gisement de demain »

L'élu n'est pas le seul maire francilien à vouloir s'emparer du sujet des entrées de ville. La foncière Icade et la SCET (Services, conseil, expertises et territoires), conseiller des acteurs locaux, ont recensé dans un baromètre, 64 dossiers portés en Ile-de-France par des acteurs privés et publics. 914 hectares d'emprises au sol ont été identifiés, soit près de 10 % de la surface de la capitale. L'Ile-de-France est, d'ailleurs, la région qui compte le plus de projets de transformation de ces entrées de ville. « Nous sommes convaincus que c'est le gisement de demain », indique Charles-Emmanuel Khune, le directeur général d'Icade Promotion. A l'heure du zéro artificialisation nette (ZAN), ces entrées de ville, déjà très bétonnées, deviennent des emprises stratégiques pour densifier davantage et construire en « verticalité », précise-t-il. D'autant qu'avec l'étalement urbain, ces zones périurbaines ne constituent plus uniquement un point de passage, mais un quartier à part entière avec, comme à Fresnes, des infrastructures de transports déjà présentes. « Ces six dernières années, les élus ont commencé à s'emparer de ces sujets qui s'inscrivent sur le temps long. Ils ont pris conscience du potentiel de ces entrées de ville », poursuit Christophe Lasnier, directeur général délégué de la SCET. Selon le baromètre, 8 élus locaux sur 10 considèrent que la mutation de ces zones doit être « une priorité du mandat ». Néanmoins, 9 dossiers sur 10 sont encore en phase d'étude ou au stade de l'intention, en raison notamment des contraintes financières qui pèsent sur les collectivités locales.

Audrey Guettier