Revue de presse

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Blocus des lycées : des lycéens « déter » défilent pour une école plus égalitaire et de meilleures conditions à Nantes

Ouest-France · 09/10/2026 · ← revue

Pas de répit pour les lycéens, qui occupaient la rue ce vendredi 9 octobre 2026, pour la troisième fois de la semaine, à Nantes (Loire-Atlantique). En tête de cortège, des garçons et des filles d’Arago, Guist’hau, Camus, Clemenceau… avancent avec fougue, déter », comme ils le scandent, derrière deux banderoles qui résument tout : « École sans argent, pays sans avenir » et « L’État nous désorganise, les lycées s’organisent ».

Pas convaincus par les annonces gouvernementales de déployer 3 000 profs remplaçants, ils ont battu le pavé à la veille du week-end. Ils sont environ 1 500 à défiler (moins nombreux que la veille), avec l’appui d’étudiants et d’enseignants de l’université. Autour d’eux, s’est formé un cordon sanitaire de protection, avec syndicalistes, parents et lycéens, face aux CRS.

Pas assez de chaises ni de tables dans les classes, des locaux qui fuient, des passoires thermiques avec 36 °C l’été. Ces considérations matérielles côtoient des revendications plus philosophiques ou politiques, comme le très rejeté Parcoursup, un parcours sûr, pas Parcoursup ». On lit aussi : « Emmanuel Macron, tu dors », « La jeunesse emmerde le Front national ». Suzie, élève de terminale au lycée Camus, insiste : On est là aussi pour nos professeurs, on réclame un meilleur salaire pour eux. On n’a pas eu de prof d’histoire toute l’année dernière.

La créativité des lycéens, sans limite, se lit sur leurs cartons brandis avec fierté. Elle traduit aussi un mouvement composite. « + d’heures de cours que de sommeil », « On ne veut pas la hess (1), encore moins les CRS ». La dénonciation des violences policières s’exprime partout.

Ce qui met le plus en colère Ndiogou Seck, lycéen à Jules-Verne, ce sont les discriminations. Non à toutes les inégalités, non à un État qui n’en a rien à faire de ce qu’on revendique ! s’exaspère-t-il. Au lieu de nous proposer une vraie solution, on nous dit : allez à l’école et faites une vie de classe. Ce qui me dérange, c’est que tout le monde n’a pas les mêmes chances à l’école.

Fin de manif, à la croisée des trams. Malou Cervera, de la coordination lycéenne, range sa banderole, comme vu avec les autorités, pour éviter tout débordement. Elle file avec les autres représentants lycéens à la réunion d’organisation des prochaines actions.

(1) La misère.