Revue de presse

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REPORTAGE. « Je ne comprends pas ce qu’on fait ici » : dans ce lycée, « le temps de démocratie », c’est chaque vendredi

Ouest-France · 09/10/2026 · ← revue

L’idée, c’est de vous laisser la parole sur la mobilisation lycéenne. Nous, on vous suit, on n’est pas dans une posture d’encadrement. Debout devant le tableau, Tom Herbreteau, professeur d’anglais et de cinéma, donne quelques consignes avant de s’asseoir sur sa chaise, à côté de ses deux collègues. Pendant l’heure et demie qui va suivre, il quitte son costume de prof au collège-lycée expérimental (Clé) d’Hérouville-Saint-Clair (Calvados) pour celui de spectateur.

« Échanger, on sait faire »

Disposés en U, quarante lycéens participent au « temps d’échange démocratique impulsé par le Premier ministre Sébastien Lecornu en pleine mobilisation. Une initiative imposée dans l’urgence par le gouvernement mais qui n’a rien de nouveau pour ces élèves qui évoluent dans un établissement qui ne ressemble à aucun autre, puisqu’il est une alternative à l’école publique. Ici, l’élève est au centre du système, comme personne et futur citoyen, précise Fabien Tesson, pas proviseur mais chargé de direction.

Je ne comprends pas ce qu’on fait ici, lâche cash Romane, 15 ans. Échanger entre lycéens, on a l’habitude et on sait faire. Ce qu’on veut, c’est que le gouvernement agisse plutôt que d’essayer d’étouffer la mobilisation. Pour éteindre la frustration qui envahit la pièce, les jeunes ont décidé de se concentrer sur des sujets concrets qui les touchent au plus près, dans leur établissement.

J’ai besoin d’un lecteur-scripteur pour m’accompagner pendant les examens. J’en ai eu une cette année mais c’était une professeure de sport. Ce n’est pas son rôle, partage Zélie, en terminale. On a besoin de plus de budget pour ça !

« Des emplois du temps allégés »

En face d’elle, Ombeline, 16 ans, lève la main pour prendre la parole. L’infirmière scolaire n’est présente que deux jours par semaine. Ça me semble trop peu pour le nombre d’élèves que nous sommes (345), souligne la jeune fille aux cheveux rouge, casque de musique autour du cou. Certains d’entre nous ont des traitements à prendre. Et ce n’est possible qu’en sa présence.

L’organisation du temps scolaire et le 8-18 h ne sont pas un sujet pour ces lycéens qui étudient les matières générales jusqu’à midi. Mais par solidarité ,ils ont choisi de se pencher sur le sujet. On a la chance d’avoir des emplois du temps allégés avec des activités et cours pratiques l’après-midi, reconnaît Noé, 17 ans. Les autres n’ont pas de temps dédié pour réfléchir à leur avenir et se spécialiser. Et si la solution, c’était un établissement comme le nôtre ? » Assis face aux lycéens, les professeurs échangent un sourire en coin. Serait-ce le début d’une piste ?