Revue de presse

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« Mon assureur m’a dit qu’il ne pouvait rien faire » : sa maison est entièrement fissurée près de Rennes

Le Télégramme · 09/10/2026 · ← revue

À première vue, tout va bien chez Richard Le Noxaïc. De l’extérieur, rien ne cloche sur les façades du pavillon qu’il a fait construire il y a 17 ans dans un lotissement à Bourgbarré, au sud de Rennes. Mais en passant la porte, le décor change. Deux grandes fissures rectilignes coupent en deux le plafond de la pièce de vie, sur huit mètres. Au sol, le carrelage noir a craquelé à divers endroits.

« Des microfissures apparaissent souvent sur des maisons de cet âge, mais l’ampleur du phénomène dans ma maison devient inquiétante ». Car dans les autres pièces, les fissures sont partout. Sur les murs de la cage d’escalier, dans toutes les chambres à l’étage et dans la salle de bains. Au plafond, sur les murs, le long des portes. Certains sont droits, d’autres en forme d’escalier. « J’ai compté une trentaine de fissures dans l’ensemble de la maison. Les premières alertes remontent à deux-trois ans, mais elles se sont beaucoup amplifiées depuis cet été. »

« Une aile de la maison a dû s’affaisser suite à la sécheresse »

Posée sur un sol argileux, sa maison est, selon lui, victime du phénomène dit « RGA », pour « retrait gonflement des argiles ». Le principe ? En cas de sécheresse, les sols argileux, privés d’eau, se rétractent. Puis, lors du retour de la pluie, le sol absorbe l’eau comme une éponge et gonfle. Tiraillés par ces mouvements du sol, les maisons peuvent alors bouger au rythme de ce phénomène naturel. D’où les fissures sur les façades. Avec la sécheresse particulièrement marquée en Bretagne cet été, ce risque est encore plus prégnant.

« Ma maison est en forme de L et une partie a dû s’affaisser suite à la sécheresse », s’inquiète Richard Le Noxaïc. Qui s’appuie sur un élément en particulier. « À l’étage, une porte de chambre dans cette zone de la maison ne peut plus rester ouverte sans la bloquer, elle se ferme toute seule. Ce n’était pas le cas il y a quelques mois. » Alors que plus de 60 % des maisons individuelles, soit 12,1 millions de maisons, sont situées dans une zone d’exposition moyenne ou forte au RGA en France, selon le site public Georisques, la Bretagne est moins touchée que d’autres régions, comme la Bourgogne-Franche-Comté, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est. Mais avec le changement climatique et la multiplication des sécheresses, le risque est réel de voir ces cas se multiplier, notamment en Ille-et-Vilaine.

« Aujourd’hui, ce phénomène est encore assez peu connu dans notre région, on est donc un peu perdu sur les démarches à effectuer », reconnaît le Bourgbarréen. La garantie décennale de dix ans passée depuis longtemps, il s’est tourné vers son assurance. « On est un peu perdu car mon assureur m’a dit qu’il ne pouvait rien faire tant que l’état de catastrophe naturelle n’a pas été déclaré par l’État. On a alors envoyé un mail à la mairie pour expliquer notre cas, mais on n’a pas eu de retour pour le moment. Nous, on souhaite qu’un expert vienne pour jauger du degré d’urgence de la situation. Mais l’assureur ne prendra pas en charge son intervention tant qu’il n’aura pas cet état de catastrophe naturelle sur la commune ».

« On est surtout très inquiet pour les mois à venir »

Le maire de Bourgbarré, Franck Morvan, reconnaît « avoir reçu en mairie la demande de monsieur Le Noxaïc. Pour le moment, il est le seul dans la commune à s’être fait connaître auprès de nos services ». En Ille-et-Vilaine, les signalements en mairie se multiplient pour des cas de fissures de ce type. Des municipalités ont d’ores et déjà formulé une demande de reconnaissance d’état de catastrophe naturelle en préfecture. D’autres attendent la fin de l’année pour réunir un maximum de sinistrés.

À Bourgbarré, Richard Le Noxaïc est, lui, dans l’attente. « Avec ma compagne, on est en permanence en train de regarder les fissures, c’est angoissant. On est surtout très inquiet pour les mois à venir. » Car l’arrivée de l’automne devrait se conjuguer avec le retour de la pluie. Et, par ricochet, avec le gonflement des argiles. De quoi craindre de nouvelles fissures.