Revue de presse

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« Il était terrorisé » : un policier frappe violemment un manifestant à Rennes, une enquête ouverte

Le Télégramme · 09/10/2026 · ← revue

Une enquête a été ouverte par le parquet de Rennes après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant un policier frappant à plusieurs reprises un manifestant  d’après nos confrères de BFM. La scène s’est déroulée mardi 6 octobre à l’issue de la manifestation des lycéens.

Charge des CRS

Alors que près de 10 000 personnes avaient défilé dans le calme, les CRS ont chargé des manifestants présents sur l’esplanade. Selon la préfecture, « un groupe d’individus hostiles s’était constitué, a fait tomber les barrières qui sécurisaient la place avant d’ériger des barricades. Ces mêmes individus ont jeté des projectiles sur les forces de sécurité intérieure. L’usage de l’engin lanceur d’eau et de gaz lacrymo a été nécessaire pour disperser cet attroupement violent. »

Durant ce mouvement de foule, un jeune homme a reçu plusieurs coups violents de la part d’un policier. Sur les séquences vidéos tournées par des témoins, on peut voir que le CRS assène un coup de genou et plusieurs coups de poing au visage du jeune homme.

Présente sur place, la députée LFI de Rennes Marie Mesmeur raconte être intervenue à ce moment. « Avant la charge, il y avait peut-être un petit groupe hostile mais la plupart des gens étaient entrain de pique-nique, de chanter ou de discuter. La police a tiré des grenades de désencerclement et du lacrymo et après ça a couru dans tous les sens. À un moment, j’ai vu ce jeune lycéen, portant un masque, balancé sur le mur des Champs Libres par un CRS qui lui assène des coups de poing au visage. J’ai immédiatement traversé le cordon des forces de l’ordre pour m’interposer. Ça semblait clairement disproportionné. S’il avait commis quoi que ce soit, le CRS l’aurait embarqué. Là, il n’y a pas eu d’interpellation. Ce qui est sûr, c’est que le lycéen était terrorisé et il m’a remerciée d’être intervenue. »

Une décision saluée

L’élue, qui confie avoir elle-même été gazée en s’interposant, salue la décision du parquet : « Ça me rend heureuse qu’il se saisisse, c’est vraiment une bonne nouvelle. » La députée annonce qu’elle transmettra désormais systématiquement au procureur de la République toutes les vidéos de violences policières présumées qui lui seront adressées.

Contactée, la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) n’a pas été en mesure de donner plus de détails sur cet incident, précisant simplement que « quand des éléments parviennent à la connaissance de la police, ils sont ensuite transmis au procureur de la République ».

D’autres vidéos qui posent question

D’autres potentiels faits de violences de la part de policiers ont été rapportés le même jour dans la capitale bretonne. La vidéo d’une travailleuse sociale recevant une gifle d’un CRS a été largement relayée. Cette dernière aurait déposé plainte pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique selon nos confrères de Mediapart.

Depuis le début du mouvement de contestation des lycéens, plusieurs faits de violences policières présumées ont émaillé les manifestations au niveau national. Un lycéen blessé à l’œil à Tours, un autre à la mâchoire brisée par une grenade lacrymogène à Saint-Ouen-l’Aumône, un adolescent de 16 ans touché par un tir de LBD à Argenteuil… les incidents graves se sont multipliés. Selon un bilan rendu public ce vendredi par le ministère de l’Intérieur, l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) a été saisie de 24 enquêtes à ce jour.

Face aux députés mercredi dernier, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait assuré qu’il n’y avait pas « de répression policière du mouvement ». « Il n’y a pas d’intervention des forces de sécurité intérieure face à des lycéens qui manifestent pacifiquement », a déclaré le ministre. « Quand il y a des violences, il peut y avoir des interventions. On a vu que le mouvement a souvent été accompagné de violences graves ».