Revue de presse

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« Chaque économie d’eau est essentielle » : dans le Finistère, 30 jours avant de passer au plan Orsec [Vidéo]

Le Télégramme · 09/10/2026 · ← revue

Ironie de la situation, les rues quimpéroises portaient encore trace de la pluie tombée une heure plus tôt lorsque le préfet du Finistère a débuté sa conférence de presse ce vendredi 9 octobre sur la situation préoccupante de la ressource en eau dans le département. Trop peu évidemment pour renflouer les stocks d‘eau disponibles dans les principaux barrages finistériens (le lac du Drennec sur l’Elorn, les réservoirs de Saint-Michel sur l’Aulne et de Moulin-Neuf à Pont l’Abbé). « Il reste 3 millions de m3 sur 8,5 pour le premier, 5 millions de m3 sur 12 pour le deuxième et 600 000 m3 sur 1 million pour le troisième, les réserves sont très faibles » a expliqué Louis Le Franc.

900 dérogations pour les entreprises qui pourraient être annulées

De nombreux leviers ont déjà été mis en place : remise en production d‘anciennes sources, recherche de solutions alternatives, mesures de réduction des consommations et adaptation temporaire de la gestion des cours d’eau. Mais le risque de rupture d’eau reste réel. Et les solutions ne sont pas nombreuses. À l’image d’un cours d’eau du Nord-Finistère qui ne peut être exploité pour cause de taux de nitrates trop élevé.

Des secteurs sont plus touchés que d’autres. Le Sud-Finistère par exemple. Du côté de Sizun aussi, qui bénéficiera d’une source de Huelgoat et d’une autre captation. « Mais les autres secteurs sont trop importants pour mettre en place ce système », reprend le préfet qui a annoncé ce vendredi que le plan ORSEC (Organisation de la réponse de sécurité civile), plan d’urgence de gestion de crise, pourrait être déclenché s’il ne pleuvait pas plus d’ici le mois de novembre. Ce qui signifierait de réserver l’eau à l’essentiel, pour l’alimentation de la population et à l’alimentation du bétail. Ce plan entraînerait la suspension de près de 900 dérogations d’usage de l’eau pour les entreprises.

Un appel à tous aux économies d’eau

Louis Le Franc a insisté : « La situation du Finistère est la plus critique en Bretagne. Nos trois principales réserves d’eau sont très faibles, la situation est préoccupante. J’ai refusé 80 demandes de dérogation la semaine dernière ».

« La situation serait terrible, mais on a encore une chance de l’éviter, ponctue le préfet, nous avons trente jours pour retrouver un niveau normal ». D’où les appels à une mobilisation collective et à la poursuite des efforts de l’ensemble des usagers sur la consommation d’eau. « Chaque économie d’eau est essentielle ».

En plus des restrictions déjà mises en place avec l’alerte de crise sécheresse maximale (concernant le nettoyage des véhicules, l’arrosage des pelouses, le remplissage des piscines et plans d’eau, etc.), la préfecture appuie : « Chaque économie d’eau est désormais essentielle. Une personne consomme en moyenne environ 140 litres par jour, soit près de 50 m³ par an. Les efforts de chacun permettront donc d’économiser des volumes significatifs à l’échelle du département ».