Cesson-Sévigné. Le saxophoniste Julien Lourau rendra hommage à son père
Entretien
Julien Lourau, saxophoniste.
Pourquoi reprendre « The Rise » plus de vingt ans après sa création ?
C’est le public qui me l’a demandé. Des gens m’ont écrit sur les réseaux sociaux en me disant que l’album était épuisé. Et puis, les 25 ans constituaient une bonne raison de le rééditer. C’est aussi un répertoire qui se revisite bien, dont j’avais déjà rejoué certains morceaux.
La musique a-t-elle changé ?
Il y a quelques petites modifications mais formellement cela reste proche. De toute façon, s’agissant de jazz, les morceaux sont toujours joués un peu différemment à chaque fois, avec des musiciens différents. Si on change de batteur ou de pianiste, l’interprétation change. Après vingt-cinq ans, on gagne aussi un peu en maturité. Sur certains morceaux, des choses ont été affinées. « Anda Jaleo », par exemple, a évolué depuis que je me suis davantage intéressé aux rythmes de flamenco.
Cet album est aussi lié à votre père. Comment le regardez-vous aujourd’hui ?
J’ai passé mon adolescence avec mon père dans la maison familiale, à Rambouillet (Yvelines). J’y ai composé « The Rise », avec le piano sur lequel j’avais toujours joué. C’était à la fois un parcours de deuil et peut-être un parcours initiatique. J’y avais aussi appris le saxophone. L’album est devenu un hommage à mon père, après son décès, presque naturellement. Aujourd’hui, ce qui me frappe aussi, c’est la façon dont il a marqué d’autres musiciens. Arnaud Dolmen, le batteur d’origine guadeloupéenne qui m’accompagne, m’a dit qu’il avait grandi avec cet album.
Avec quels musiciens allez-vous jouer à Cesson-Sévigné ?
Je serai accompagné d’Arnaud Dolmen, à la batterie, Bojan Z, au piano, qui jouait déjà sur l’album original et avait participé à une partie de la tournée, et Sébastien Quesada sera aux percussions. Avec cette formation, l’esprit initial de « The Rise » reste présent, même si certaines choses ont été affinées avec le temps.
Que souhaitez-vous faire découvrir au public ?
Je pense que la force de cet album, ce sont beaucoup les mélodies. Tout le monde aime les mélodies : il n’y a pas de difficulté particulière pour accéder à cette musique. C’est sophistiqué, mais ça ne se voit pas. Pour moi, la musique fonctionne par cycles. Je suis récemment revenu à l’électronique avec un nouveau projet, après avoir exploré les musiques latines et d’autres univers. Par essence, le jazz est de toute façon une musique faite de métissages.
Mardi 13 octobre, 20 h, au Carré Sévigné, « The Rise » de Julien Lourau. Durée 1 h 30. Tarifs : 29 € et 23 € (réduit).