A Paris, des sans-abri évacués et relogés lors d’une opération conjointe entre la Mairie et l’Etat

C’était l’une des priorités affichées par le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, pour son début de mandat : libérer l’espace public des tentes et des campements et trouver des solutions de relogement pour les publics concernés. Alors que près de 4 000 personnes sans abri sont contraintes de dormir dehors, l’élu socialiste avait promis après son élection, en mars, qu’il n’y aurait plus d’enfant à la rue ni de tentes sous la partie aérienne de la ligne 2 du métro, d’ici à cet hiver. Jeudi 8 octobre, à l’aube, le maire de la capitale a annoncé qu’une première « opération de mise à l’abri » avait été engagée quai de Jemmapes et au niveau du métro Jaurès, dans le 10e arrondissement, « en lien étroit avec la Préfecture de police et la préfecture de la région Ile-de-France ». Selon la mairie, 250 personnes se sont vu proposer une solution d’hébergement et 139 d’entre elles l’ont acceptée : 23 dans des « sas province » entre Marseille, Dijon et Rennes, 51 en centre d’accueil et d’examen des situations, 4 dans le centre d’hébergement La Boulangerie dans le 18e, et 61 personnes ont été prises en charge par la Ville pour des hébergements pérennes. « Les quartiers qui jouxtent la ligne 2 sont depuis trop longtemps sacrifiés entre Barbès et Colonel-Fabien. Cette opération, nous la devons aux personnes qui dorment dans la rue et nous la devons aussi aux riverains », a déclaré Emmanuel Grégoire dans un communiqué, assurant qu’il ne « lâcher[a] rien ». Son entourage précise que la Ville sera « vigilante » pour empêcher que des campements ne se reforment, avec une mobilisation importante de la police municipale.
« Carence fautive de l’Etat »
Par ailleurs, depuis l’ouverture du Conseil de Paris, mardi, l’association Utopia 56 s’est installée sur le parvis de l’Hôtel de ville, avec plus de 200 personnes à la rue, dont 110 enfants, pour demander une mise à l’abri. Mercredi soir, 277 d’entre elles ont également été hébergées par la Ville. Fin août, la Ville avait déjà annoncé la mise à l’abri dans des gymnases de 253 personnes qui étaient installées devant la mairie de Paris Centre, à la suite de l’« évacuation forcée » par l’Etat d’un campement qui comptait 450 personnes sans abri dans l’enceinte du Samusocial. Lors du Conseil de Paris d’avril, l’élu avait présenté un plan prévoyant, sur tout le mandat, « l’ouverture de 4 000 places supplémentaires, pour atteindre près de 7 000 places financées par la Ville de Paris ». Mais le maire et la majorité municipale tiennent à rappeler que « la Ville agit en carence fautive de l’Etat », comme l’a déclaré Marie-Pierre Marchand, coprésidente du groupe des écologistes, en réaction aux mises à l’abri de ce jeudi matin. Jeudi 1er octobre, Emmanuel Grégoire a d’ailleurs rencontré Emmanuel Macron, à l’Elysée, pour aborder ce sujet. L’entourage du maire a laissé entendre que des « engagements » avaient alors été pris par le président de la République, sans plus de précisions à ce stade.